La fiscalité immobilière en France en 2026 ne se résume ni à la taxe foncière ni à l’impôt sur les loyers : un propriétaire peut être imposé au moment d’acheter, pendant la détention, lorsqu’il loue et lors de la revente. Le coût réel dépend donc moins d’un taux unique que de l’usage du bien, du régime fiscal choisi, de la commune, du mode de détention et de la situation du foyer.
Un logement qui affiche 5 % de rendement brut peut devenir médiocre après la taxe foncière, les prélèvements sociaux, l’impôt sur le revenu, les charges non récupérables et les travaux. À l’inverse, certains propriétaires occupants ne supportent chaque année que les impôts locaux, sans imposition d’un revenu fictif. L’erreur classique consiste à comparer un prix d’achat et un loyer sans reconstituer toute la chaîne fiscale.
Ce que paie réellement un propriétaire dépend de quatre moments : les droits et frais d’acquisition à l’achat ; la taxe foncière et, parfois, la taxe d’habitation pendant la détention ; l’impôt sur les loyers en cas de location ; enfin l’impôt sur la plus-value si la vente n’est pas exonérée. L’IFI peut s’ajouter lorsque le patrimoine immobilier net taxable du foyer dépasse 1,3 million d’euros.
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Recevoir les prochaines analysesFiscalité immobilière en France en 2026 : la vue d’ensemble
Avant de calculer, il faut séparer les taxes liées à la propriété des dépenses économiques du propriétaire. Les honoraires du notaire, les intérêts d’emprunt, l’assurance, les charges de copropriété, les travaux et la vacance locative réduisent bien la rentabilité, mais ce ne sont pas tous des impôts. Certains sont déductibles dans un régime fiscal donné ; d’autres restent définitivement à la charge du propriétaire.
| Moment ou situation | Prélèvements susceptibles de s’appliquer |
|---|---|
| Achat | Droits de mutation, taxe de publicité foncière, contribution de sécurité immobilière et émoluments du notaire, regroupés dans les « frais d’acquisition ». |
| Détention | Taxe foncière, taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères, taxe d’habitation sur certaines résidences secondaires, taxes sur les logements vacants selon la zone et la situation. |
| Location | Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés selon le montage, prélèvements sociaux et, pour certaines locations meublées, cotisation foncière des entreprises. |
| Patrimoine élevé | Impôt sur la fortune immobilière si le patrimoine immobilier net taxable excède le seuil légal. |
| Revente | Impôt sur la plus-value immobilière et prélèvements sociaux, sauf exonération ; surtaxe possible sur certaines plus-values élevées. |
Cette grille complète l’analyse consacrée à l’investissement en France en 2026, ses rendements et ses risques. Ici, le sujet n’est pas de choisir une ville ou de prévoir l’évolution des prix, mais d’isoler la facture fiscale du propriétaire.
À l’achat : les « frais de notaire » ne vont pas intégralement au notaire
Dans l’ancien, l’acheteur paie généralement un ensemble de frais souvent évalué autour de 7 % à 8 % du prix. Cette fourchette n’est pas un barème universel : elle varie avec le prix, le département, la nature du bien et les débours. La plus grande part correspond à des impôts et taxes collectés par le notaire pour le compte de l’État et des collectivités.
Depuis le printemps 2025, les départements peuvent relever temporairement le taux départemental des droits de mutation à titre onéreux. Tous ne l’ont pas fait, et la hausse ne s’applique pas aux primo-accédants répondant à la définition légale. Le ministère de l’Économie détaille cette évolution dans son guide des frais d’acquisition d’un bien immobilier. En 2026, une simulation sérieuse doit donc partir du département du bien et non d’un pourcentage recopié sur une annonce.
Une fiscalité d’entrée lourde
Les droits de mutation pèsent fortement sur le coût total. Ils créent un handicap immédiat : si le bien est revendu rapidement au même prix, l’investisseur ne récupère pas mécaniquement ces frais.
Des frais d’acquisition plus bas
Les frais sont généralement réduits, mais le prix intègre la TVA et peut être plus élevé au mètre carré. « Moins de frais de notaire » ne signifie donc pas automatiquement « opération moins chère ».
Pendant la détention : taxe foncière, taxe d’habitation et taxes locales
La taxe foncière : due même si le bien ne produit aucun loyer
La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie au nom du propriétaire ou de l’usufruitier au 1er janvier. Elle reste due pour l’année entière, y compris si le logement est vendu en cours d’année. L’acte de vente peut prévoir une répartition prorata temporis entre vendeur et acheteur, mais cette convention privée ne change pas le débiteur légal vis-à-vis de l’administration. La règle est détaillée par Service-Public.fr.
Son calcul repose principalement sur la valeur locative cadastrale, diminuée d’un abattement forfaitaire de 50 % pour les propriétés bâties, puis multipliée par les taux votés localement. Cette valeur cadastrale n’est pas le loyer réellement encaissé. Elle représente un loyer annuel théorique établi selon des paramètres administratifs et revalorisé. Le montant peut donc progresser même si le taux communal ne change pas.
En 2026, les valeurs locatives cadastrales sont revalorisées de 0,8 % au niveau national. Cette hausse mécanique s’applique avant les éventuelles modifications de taux décidées par les collectivités. Une taxe foncière de 1 500 € ne passe donc pas nécessairement à 1 512 € exactement : le taux local, les taxes annexes et une modification du bien peuvent faire varier davantage la facture. Cette revalorisation et les premières évolutions communales issues des données de la DGFiP sont détaillées dans ce bilan de la taxe foncière 2026 ; le calendrier officiel des avis et paiements reste disponible sur Service-Public.fr.
La taxe foncière varie fortement d’une commune à l’autre. Une moyenne nationale est peu utile pour arbitrer un achat précis. Il faut demander au vendeur les derniers avis, vérifier les évolutions récentes et ne pas se contenter du montant d’une seule année. Un changement de consistance, une extension, une piscine ou une dépendance peut aussi modifier l’assiette après déclaration.
La TEOM : récupérable sur le locataire, mais pas intégralement
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères figure souvent sur l’avis de taxe foncière. En location, sa part récupérable peut être refacturée au locataire dans le cadre des charges, contrairement aux frais de gestion éventuellement ajoutés par l’administration. Le propriétaire avance donc la somme, puis la récupère selon les règles du bail et la régularisation des charges. Les principes applicables sont présentés par Service-Public.fr.
La taxe d’habitation n’a pas disparu pour tous les logements
La taxe d’habitation a été supprimée sur les résidences principales, mais elle subsiste notamment pour les résidences secondaires. Dans certaines communes situées en zone tendue, une majoration peut s’appliquer. Le coût dépend donc de l’usage réel et de la localisation. Un propriétaire qui conserve un logement meublé à sa disposition ne doit pas raisonner comme s’il s’agissait de sa résidence principale.
Les logements durablement vacants peuvent également relever de la taxe sur les logements vacants ou d’une taxe d’habitation sur les logements vacants selon la commune, la zone, la durée de vacance et les motifs de l’inoccupation. Une vacance indépendante de la volonté du propriétaire peut ouvrir des exceptions, mais elle doit pouvoir être démontrée.
Pour replacer ces prélèvements dans un cadre plus large, le comparatif sur la taxe foncière en Europe montre pourquoi deux pays qui taxent peu l’achat peuvent davantage taxer la détention, et inversement.
Un propriétaire occupant paie-t-il un impôt sur le fait d’habiter chez lui ?
Non. La France n’impose pas un « loyer fictif » au propriétaire qui occupe son logement. La résidence principale ne produit donc pas de revenu imposable simplement parce que son occupant économise un loyer. En revanche, la taxe foncière reste due, sauf exonération ou dégrèvement applicable, et l’IFI peut concerner les patrimoines importants.
La résidence principale bénéficie d’une exonération de plus-value lorsqu’elle est vendue dans les conditions prévues par la loi. Elle bénéficie aussi, pour l’IFI, d’un abattement de 30 % sur sa valeur vénale lorsqu’elle est détenue directement et répond aux conditions. Cet abattement ne transforme pas la résidence principale en actif non taxable : il réduit sa valeur retenue.
Location nue : revenus fonciers, micro-foncier ou régime réel
Les loyers d’une location non meublée relèvent, en principe, des revenus fonciers. Deux régimes sont à distinguer. Le micro-foncier offre un abattement forfaitaire lorsque les conditions sont remplies et que les recettes brutes foncières du foyer ne dépassent pas 15 000 euros. Le régime réel permet de déduire des charges effectivement supportées et admises par la loi.
| Régime | Conséquence pratique pour le bailleur |
|---|---|
| Micro-foncier | L’administration applique un abattement forfaitaire de 30 %. Le propriétaire est imposé sur 70 % des recettes brutes et ne déduit pas ses charges réelles une par une. |
| Régime réel | Les dépenses éligibles sont déduites : notamment certains travaux, frais de gestion, primes d’assurance, intérêts d’emprunt et taxe foncière hors fraction récupérable. Les règles et justificatifs doivent être respectés. |
Le micro-foncier n’est pas automatiquement le meilleur choix parce qu’il est simple. Si les charges déductibles représentent plus de 30 % des recettes, le réel peut produire une base imposable plus faible. Mais le calcul doit intégrer la durée d’engagement de l’option, la nature des travaux et le calendrier des dépenses. Une rénovation lourde ne se traite pas de la même manière qu’un simple entretien.
Au régime réel, un déficit foncier peut apparaître lorsque les charges déductibles dépassent les revenus fonciers. Une fraction peut, sous conditions, s’imputer sur le revenu global dans la limite légale ; le surplus et la fraction liée aux intérêts d’emprunt suivent leurs propres règles de report. Le terme « déficit » ne signifie pas que l’administration rembourse les travaux : il réduit une base taxable, avec des conditions de conservation de la location.
La limite ordinaire d’imputation sur le revenu global est de 10 700 €. Elle peut être portée temporairement à 21 400 € pour certaines dépenses déductibles de rénovation énergétique permettant à un logement très énergivore d’atteindre une classe énergétique admissible, lorsque les dates, justificatifs et autres conditions du dispositif sont respectés. Ce plafond majoré, prorogé jusqu’à la fin de 2027, ne concerne donc ni tous les travaux ni tous les déficits fonciers. Le cadre réglementaire est consultable sur Légifrance.
Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux s’additionnent
Le revenu foncier net d’une location nue est ajouté aux autres revenus soumis au barème progressif. À cela s’ajoutent généralement les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %. Un contribuable dans la tranche marginale de 30 % ne doit donc pas conclure que ses loyers nets sont taxés à seulement 30 %. Sur la base taxable, la ponction marginale peut approcher 47,2 %, avant prise en compte des particularités du foyer et de la déductibilité d’une fraction de la CSG.
Le taux marginal n’est toutefois pas le taux moyen appliqué à tous les loyers. Une partie du revenu peut rester dans une tranche inférieure. Pour éviter une projection trompeuse, il faut simuler le foyer fiscal complet, pas simplement multiplier le bénéfice foncier par le taux indiqué sur le dernier avis d’impôt.
Location meublée en 2026 : une fiscalité distincte, pas une exonération
Les recettes d’une location meublée relèvent en principe des bénéfices industriels et commerciaux, et non des revenus fonciers. Le propriétaire peut être loueur en meublé non professionnel ou professionnel selon les recettes et les autres conditions légales. Le statut ne se choisit pas librement sur une case : il résulte de la situation du foyer.
Au régime micro-BIC, un abattement forfaitaire s’applique dans les limites et conditions de l’activité concernée. Au réel, les charges éligibles peuvent être déduites et l’amortissement du logement et du mobilier peut réduire le bénéfice taxable, sans créer librement un déficit imputable sur les autres revenus. Le traitement diffère selon qu’il s’agit d’une location meublée de longue durée, d’un meublé de tourisme classé ou non classé, ou d’une activité para-hôtelière.
Nouveauté 2026 : lorsque les revenus de location meublée relèvent des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, leur taux global atteint désormais 18,6 %, composé de 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. La location nue reste à 17,2 %. Ces taux portent sur le revenu net après abattement au micro ou après déduction des charges au réel. La distinction est confirmée par la Direction générale des Finances publiques. Les loueurs relevant de cotisations sociales ou certaines situations de non-résidents nécessitent toutefois une analyse spécifique.
Le point majeur à intégrer dans une stratégie 2026 concerne la revente des biens exploités en LMNP au réel. Pour les cessions entrant dans le champ de la réforme depuis février 2025, les amortissements déduits sont, sauf exceptions prévues par le texte, réintégrés dans le calcul de la plus-value des particuliers. Une réponse ministérielle publiée le 24 mars 2026 précise que l’ensemble des amortissements déduits pendant la période de location doit être pris en compte, y compris ceux pratiqués avant la réforme. L’avantage annuel peut donc être partiellement repris à la sortie. Une simulation qui optimise uniquement l’impôt pendant dix ans sans calculer la vente est incomplète.
La CFE peut s’ajouter à l’impôt sur les loyers
La location meublée constitue une activité susceptible d’être soumise à la cotisation foncière des entreprises, y compris pour un particulier, sous réserve des exonérations et situations particulières. Son montant dépend notamment de la commune et de la base minimale. Cette ligne souvent oubliée doit apparaître dans le budget annuel du bailleur meublé.
SCI à l’IR ou à l’IS : la société ne fait pas disparaître l’impôt
Une société civile immobilière peut faciliter la détention à plusieurs, la transmission ou l’organisation des pouvoirs. Elle n’est pas, par nature, un outil d’effacement fiscal. À l’impôt sur le revenu, le résultat est généralement imposé chez les associés selon leurs droits, même si la trésorerie reste dans la société. À l’impôt sur les sociétés, la SCI paie l’impôt sur son bénéfice et peut amortir l’immeuble, mais la revente obéit à une logique de plus-value professionnelle calculée à partir de la valeur nette comptable.
Plus le bien est amorti, plus sa valeur nette comptable baisse. À la revente, l’écart taxable peut donc être élevé. Si les associés sortent ensuite l’argent de la société, une deuxième imposition peut intervenir sur la distribution. La SCI à l’IS peut être cohérente pour certains projets de capitalisation longue, mais elle ne doit jamais être choisie uniquement parce que le taux d’IS semble inférieur à la tranche marginale d’impôt sur le revenu.
Transparence fiscale
Les associés déclarent leur quote-part. Le régime des plus-values immobilières des particuliers peut s’appliquer à la vente, avec ses exonérations et abattements sous conditions.
Amortissement, puis sortie plus sensible
La société amortit généralement le bâti, mais la plus-value se calcule sur la valeur comptable diminuée des amortissements. La distribution aux associés doit aussi être chiffrée.
IFI en 2026 : le seuil de 1,3 million d’euros ne signifie pas que tout est taxé à 1,3 million
L’impôt sur la fortune immobilière concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier. Une fois le seuil franchi, le barème commence à 800 000 euros, avec des taux progressifs. Le calcul officiel et les tranches sont publiés par la Direction générale des Finances publiques.
| Fraction du patrimoine net taxable | Taux de l’IFI |
|---|---|
| Jusqu’à 800 000 € | 0 % |
| De 800 001 € à 1 300 000 € | 0,50 % |
| De 1 300 001 € à 2 570 000 € | 0,70 % |
| De 2 570 001 € à 5 000 000 € | 1 % |
| De 5 000 001 € à 10 000 000 € | 1,25 % |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,50 % |
Le barème est progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la fraction correspondante. Le franchissement du seuil de 1,3 million d’euros ne signifie donc pas que tout le patrimoine est taxé à 0,70 %. Une décote atténue par ailleurs l’entrée dans l’IFI pour les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 et 1,4 million d’euros.
Le patrimoine taxable comprend les biens et droits immobiliers détenus directement, mais aussi certaines fractions immobilières de parts de sociétés ou d’organismes. Des exonérations existent, notamment pour certains actifs professionnels. Les dettes ne sont déductibles que si elles répondent aux conditions prévues ; les prêts in fine, les dettes familiales et les patrimoines importants font l’objet de règles spécifiques.
La résidence principale détenue directement bénéficie en principe d’un abattement de 30 % sur sa valeur vénale au 1er janvier. La valeur à déclarer n’est ni le prix historique ni une estimation de convenance. Il s’agit de la valeur de marché, appréciée à partir de biens comparables et des caractéristiques propres du logement. L’administration rappelle les conditions de l’abattement sur impots.gouv.fr.
Revente : comment la plus-value immobilière est-elle imposée ?
Pour un particulier, la plus-value brute correspond schématiquement à la différence entre le prix de cession corrigé et le prix d’acquisition majoré de certains frais et travaux admis. Elle est ensuite réduite par des abattements liés à la durée de détention. L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux n’atteignent pas l’exonération totale au même moment. Service-Public.fr présente les exonérations et le calcul de la plus-value immobilière.
| Composante | Règle générale |
|---|---|
| Impôt sur le revenu | Taux de 19 % sur la plus-value nette imposable ; exonération totale au terme de 22 ans de détention grâce aux abattements. |
| Prélèvements sociaux | Taux global de 17,2 % ; exonération totale seulement au terme de 30 ans de détention selon le rythme propre des abattements. |
| Plus-value élevée | Une surtaxe peut s’ajouter lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €, hors terrains à bâtir et sous réserve des règles applicables. |
La vente de la résidence principale est en principe exonérée lorsque le logement constitue effectivement la résidence principale du cédant au moment de la cession. Une occupation temporaire organisée juste avant la vente ne suffit pas nécessairement. D’autres exonérations existent, par exemple selon le prix de cession ou dans certaines situations personnelles, mais chacune répond à des conditions précises.
Le notaire calcule généralement l’impôt, établit la déclaration et prélève la somme lors de la vente. Cela ne dispense pas le propriétaire de conserver les factures et justificatifs. Les travaux réalisés par une entreprise peuvent, dans certaines conditions, majorer le prix d’acquisition ; les travaux effectués soi-même ne sont pas traités de la même façon. Après cinq années de détention, un forfait travaux de 15 % peut être utilisé sous conditions, indépendamment des dépenses réelles.
Combien paie réellement un propriétaire bailleur ? Exemple complet
Prenons un exemple volontairement simplifié. Un appartement ancien est acheté 200 000 €, hors frais d’acquisition. Il produit 12 000 € de loyers annuels hors charges. Le propriétaire supporte 1 400 € de taxe foncière, dont 200 € de TEOM récupérable, 1 000 € de charges de copropriété non récupérables, 300 € d’assurance, 500 € de gestion et 2 800 € d’intérêts d’emprunt. Les charges retenues dans le calcul atteignent donc 5 800 €. On suppose qu’elles sont fiscalement déductibles au réel lorsqu’elles répondent aux conditions.
| Étape | Montant pédagogique |
|---|---|
| Loyers bruts hors charges | 12 000 € |
| Charges retenues dans l’exemple | 5 800 € |
| Revenu foncier net taxable | 6 200 € |
| IR à une tranche marginale de 30 % | 1 860 € |
| Prélèvements sociaux à 17,2 % | 1 066,40 € |
| Résultat après charges et fiscalité | 3 273,60 €, avant remboursement du capital, vacance, travaux non prévus et effet de la CSG déductible. |
Le rendement brut est de 6 % si l’on divise 12 000 € par 200 000 €. Mais ce chiffre ignore les frais d’acquisition et tous les coûts. Dans l’exemple, le flux restant après charges et fiscalité représente seulement 1,64 % du prix, avant même le remboursement du capital et les incidents de gestion. Le remboursement du capital augmente le patrimoine net du propriétaire, mais il sort bien de sa trésorerie mensuelle.
Cet exemple ne prétend pas calculer tous les dossiers. Il montre pourquoi un rendement brut ne répond pas à la question « combien vais-je garder ? ». Pour comparer la France avec d’autres marchés sans mélanger les règles, consultez le guide sur la fiscalité immobilière en Europe et l’analyse France ou Europe en 2026.
La méthode pour calculer sa fiscalité immobilière en France
- Définir l’usage : résidence principale, secondaire, location nue, meublée ou logement vacant. Une même adresse peut changer de régime si son usage évolue.
- Identifier le détenteur : personne physique, indivision, SCI à l’IR, SCI à l’IS ou autre société. Le véhicule juridique détermine une partie du calcul.
- Reconstituer le coût d’entrée : prix, droits et frais d’acquisition, travaux, garantie, courtage et frais de financement.
- Collecter les données locales : derniers avis de taxe foncière, TEOM, taxe d’habitation éventuelle, règlement de copropriété et charges non récupérables.
- Comparer les régimes sur plusieurs années : micro et réel, avec travaux, intérêts décroissants, vacance et évolution prévisible des loyers.
- Calculer la sortie : prix de revente prudent, durée de détention, plus-value, amortissements éventuellement réintégrés et frais de cession.
- Tester trois scénarios : central, favorable et dégradé. Une hausse de taxe foncière, trois mois de vacance ou 15 000 € de travaux ne doivent pas faire basculer le projet dans une impasse.
Cette méthode évite deux erreurs opposées : croire que la France rend tout investissement non rentable, ou croire qu’un dispositif fiscal transforme un mauvais actif en bonne affaire. La fiscalité amplifie ou réduit un résultat économique ; elle ne crée ni une demande locative, ni un bon emplacement, ni un prix d’achat raisonnable.
Mini FAQ sur la fiscalité des propriétaires en France
Un propriétaire paie-t-il des impôts s’il ne loue pas son logement ?
Oui, il peut payer la taxe foncière et, selon l’usage, la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ou une taxe liée à la vacance. Il n’est toutefois pas imposé à l’impôt sur le revenu sur un loyer fictif. L’IFI peut également s’appliquer si son patrimoine immobilier net taxable dépasse le seuil légal.
La taxe foncière est-elle déductible des loyers imposables ?
En location nue au régime réel, la taxe foncière est en principe déductible des revenus fonciers, à l’exception notamment de la fraction récupérable sur le locataire comme la TEOM. Au micro-foncier, elle est couverte par l’abattement forfaitaire et ne se déduit pas séparément.
Micro-foncier ou régime réel : lequel paie le moins d’impôt ?
Il n’existe pas de réponse générale. Si les charges déductibles dépassent durablement l’abattement de 30 %, le réel peut être plus favorable. Il faut cependant tenir compte des conditions d’éligibilité, de l’engagement lié à l’option et de la nature exacte des dépenses.
La résidence principale est-elle totalement exonérée ?
Elle n’est pas soumise à la taxe d’habitation, mais reste en principe soumise à la taxe foncière. Sa vente peut être exonérée de plus-value si les conditions sont remplies. Pour l’IFI, elle bénéficie généralement d’un abattement de 30 % lorsqu’elle est détenue directement, mais elle n’est pas totalement exclue.
Un non-résident paie-t-il la fiscalité immobilière française ?
Oui. Un bien situé en France reste soumis aux impôts locaux français et les revenus ou plus-values de source française peuvent y être imposés. La convention fiscale, le pays de résidence, les prélèvements applicables et les obligations déclaratives doivent être examinés ensemble.
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En 2026, le propriétaire français ne paie pas un impôt immobilier unique, mais une succession de prélèvements dont le poids varie avec son projet. Le propriétaire occupant supporte surtout les coûts d’achat et de détention. Le bailleur ajoute l’imposition des loyers et doit arbitrer entre plusieurs régimes. Le détenteur d’un patrimoine important peut entrer dans l’IFI. Le vendeur doit enfin intégrer la plus-value et, selon le montage, les conséquences des amortissements passés.
La bonne décision ne consiste donc pas à rechercher le régime qui affiche le taux le plus faible. Elle consiste à calculer ce qui reste après impôts, charges, financement et revente, avec des hypothèses réalistes. Un bien bien acheté, demandé et correctement financé peut absorber une fiscalité élevée. Un bien surpayé ou mal situé ne sera pas sauvé par un abattement.
Sources institutionnelles consultées : Direction générale des Finances publiques, Service-Public.fr et textes fiscaux en vigueur au moment de la rédaction. Les pages officielles liées dans le texte permettent de contrôler les règles selon la situation et la date de l’opération.