Comprendre la fiscalité en Roumanie est la première démarche indispensable pour tout Européen qui souhaite diversifier son patrimoine, s’installer ou développer une activité professionnelle dans un pays où la pression fiscale reste parmi les plus faibles de l’Union européenne. Loin des clichés, Bucarest et les grandes métropoles régionales comme Cluj-Napoca ou Timișoara attirent un volume croissant de capitaux, de retraités et de travailleurs indépendants étrangers. Pourquoi un tel engouement ? Parce que le système fiscal roumain se distingue par sa simplicité et ses taux d’imposition particulièrement bas, offrant un cadre idéal pour maximiser ses revenus nets.
Cependant, s’expatrier ou investir à l’étranger ne s’improvise pas. Pour réussir, il faut maîtriser les rouages des taxes locales, anticiper l’impôt sur les revenus (qu’ils soient salariaux, fonciers ou issus du freelancing) et comprendre les mécanismes de déclaration. Ce guide pédagogique et complet vous donne toutes les clés pour décrypter les règles fiscales roumaines et sécuriser votre projet de vie ou d’investissement.
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Accéder aux opportunités1. Pourquoi la fiscalité en Roumanie est-elle si attractive en Europe ?
Pour comprendre l’attrait de ce pays, il faut élargir sa vision au contexte régional. Si vous étudiez les opportunités pour Investir en Europe, vous constaterez rapidement que la Roumanie se positionne en tête de liste des pays les plus compétitifs fiscalement, aux côtés de sa voisine de l’Est.
Alors que la plupart des pays d’Europe occidentale appliquent des barèmes progressifs d’imposition sur le revenu pouvant dépasser les 40 %, la Roumanie utilise un système de taux d’imposition proportionnel (souvent appelé Flat Tax). Cela signifie que le taux reste le même, quel que soit le montant de vos revenus. C’est une distinction fondamentale qui simplifie grandement les calculs de rentabilité et les projections budgétaires pour les futurs expatriés.
De plus, le gouvernement roumain maintient une politique incitative pour attirer les investissements directs et les compétences étrangères. Cette stabilité relative des taux bas, combinée à une croissance économique solide, fait de la Roumanie un terrain de jeu privilégié pour ceux qui cherchent à optimiser légalement leur situation financière globale.
2. Tableau comparatif : La Roumanie face à ses concurrents européens
Pour visualiser l’avantage concurrentiel de la fiscalité en Roumanie, voici une synthèse comparative des taxes applicables en 2026 face à d’autres destinations majeures d’expatriation et d’investissement :
| Indicateur Fiscal | Roumanie | Bulgarie | Portugal |
| Impôt sur le revenu (Standard) | 10 % (Flat Tax) | 10 % (Flat Tax) | Progressif (jusqu’à 48 %) |
| Régime Micro / Freelance | 1 % (sur CA jusqu’à 100 000 €) | 10 % (après 25 % d’abattement) | Régime Simplicado (variable) |
| Impôt sur les Dividendes | Variable selon la réglementation applicable | 5 % | 28 % (sauf exonérations) |
| Plus-value Immobilière | 1 % ou 3 % (sur prix de vente) | 10 % (sur le gain net) | Progressif (exonération sous conditions) |
| Taxe Foncière Annuelle | 0,08 % à 0,2 % (Résidentiel) | 0,01 % à 0,45 % | 0,3 % à 0,45 % (IMI) |
| Statut Retraités Étrangers | 10 % (Exonération si < à un seuil) | 10 % (0 % si source hors UE selon convention) | Barème standard (Fin du NHR 10 %) |
Ce qui a changé dans la fiscalité Roumanie en 2026
TVA standard :
19 % → 21 %
Micro-SRL :
1 % ou 3 % → 1 %
Plafond Micro-SRL :
500 000 € → 100 000 €
Plafond CASS :
24 salaires minimums → 72 salaires minimums
La Roumanie a adopté plusieurs réformes fiscales importantes entre 2025 et 2026. De nombreux articles publiés avant ces changements affichent encore des données devenues obsolètes.
Source KPMG : analyse sur l’ordonnance fiscale roumaine de 2026
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Recevoir les analyses privéesComme le montre ce tableau, si vous hésitez encore et souhaitez comparer avec un autre marché proche, notre analyse détaillée Fiscalité Bulgarie : impôts, résidence fiscale et pièges à connaître en 2026 met en lumière des approches similaires mais dotées de subtilités administratives différentes.
3. Le statut de micro-entreprise (SRL) : Un levier surpuissant pour l’entrepreneur
L’une des plus grandes spécificités de la fiscalité en Roumanie réside dans le régime des micro-entreprises, localement appelées Microîntreprindere. Beaucoup de freelances, de consultants web et d’investisseurs choisissent de créer une société locale (SRL, l’équivalent de la SARL) pour facturer leurs services ou acquérir leurs biens immobiliers, plutôt que de travailler en nom propre.
Comment fonctionne le régime Micro-SRL ?
Une micro-entreprise en Roumanie n’est pas taxée sur ses bénéfices nets, mais directement sur son chiffre d’affaires brut. Les conditions pour bénéficier de ce régime en 2026 restent très avantageuses :
Taux d’imposition : 1 % du chiffre d’affaires.
Plafond : moins de 100 000 € de chiffre d’affaires annuel.
Présence d’un salarié : au moins un salarié sous contrat de travail roumain.
Si les conditions ne sont plus respectées, la société bascule vers l’impôt sur les sociétés au taux de 16 %.
L’imposition des dividendes
Une fois l’impôt sur la société acquitté, l’entrepreneur distribue généralement l’argent sous forme de dividendes. La fiscalité des dividendes a connu plusieurs évolutions récentes. Avant toute distribution de bénéfices, il est indispensable de vérifier le taux applicable au moment du versement auprès d’un expert-comptable local ou des textes fiscaux en vigueur. Même en cumulant l’impôt sur la société applicable au régime Micro-SRL et l’impôt sur les dividendes, la pression fiscale globale reste généralement inférieure à celle observée dans de nombreux pays d’Europe occidentale.
4. L’imposition des revenus locatifs et des plus-values immobilières
Pour ceux qui se concentrent sur la pierre, la fiscalité en Roumanie offre un cadre limpide et très protecteur pour les rendements.
Gestion en nom propre pour les particuliers
L’État roumain applique un abattement forfaitaire automatique de 20 % sur les revenus locatifs bruts des particuliers. Cet abattement représente l’ensemble des charges et frais d’entretien, sans besoin de fournir de justificatifs. L’impôt de 10 % est ensuite calculé sur les 80 % restants. En clair, l’impôt réel ne représente que 8 % du montant total des loyers bruts encaissés.
Pour évaluer la rentabilité nette de ce dispositif face au reste du continent, n’hésitez pas à étudier notre guide sur l’Impôt revenus locatifs Europe.
La contribution de santé (CASS) sur les loyers
Attention à la contribution santé (CASS). En 2026, le taux reste fixé à 10 %, mais les plafonds ont évolué. Selon la nature des revenus perçus (activités indépendantes, dividendes ou revenus locatifs), la base de calcul peut atteindre jusqu’à 72 fois le salaire minimum brut roumain.
La taxe sur la plus-value à la revente
Contrairement aux systèmes occidentaux qui taxent le gain net après déduction des travaux, la Roumanie applique une taxe directe sur le prix de vente total du bien, dont le taux varie uniquement selon la durée de détention :
- Propriété détenue depuis moins de 3 ans : Le taux d’imposition est de 3 % du prix de vente.
- Propriété détenue depuis plus de 3 ans : Le taux descend à 1 % du prix de vente.
Les taux sont si bas qu’ils s’avèrent extrêmement avantageux dans un marché en pleine croissance. Pour une vision d’ensemble sur la pierre européenne, consultez notre dossier dédié à la Fiscalité immobilière Europe.
5. La TVA sur l’immobilier neuf : Plafonds et taux réduit
Si vous achetez un logement neuf auprès d’un promoteur en Roumanie, la question de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) impacte directement votre budget. Depuis le 1er août 2025, le taux standard de TVA en Roumanie est fixé à 21 %, contre 19 % auparavant.
Un régime transitoire à 9 % reste applicable à certains logements neufs sous conditions jusqu’au 31 juillet 2026. Après cette période, les nouvelles règles fiscales issues de la réforme budgétaire s’appliquent progressivement selon la nature du bien et le profil de l’acquéreur.
6. Les erreurs fréquentes des Français qui s’installent en Roumanie
L’attrait des chiffres peut parfois faire oublier la réalité du droit fiscal. Voici les principales erreurs commises par les expatriés et investisseurs francophones :
- Croire qu’une simple adresse suffit à changer sa résidence fiscale : Louer un appartement à Bucarest ne vous libère pas automatiquement de vos obligations en France. Si votre foyer principal ou vos intérêts économiques restent dans l’Hexagone, le fisc français continuera de vous considérer comme résident fiscal français.
- Conserver son centre d’intérêts économiques en France : Si vous pilotez une activité roumaine mais que 100 % de vos clients, de vos réunions et de vos décisions se prennent depuis la France, l’administration fiscale française peut requalifier votre structure pour « établissement stable » non déclaré.
- Créer une SRL sans substance économique réelle : Ouvrir une société écran (boîte aux lettres) sans bureaux physiques, sans activité locale ou sans salarié pour viser le taux de 1 % est une stratégie lourdement sanctionnée lors des contrôles.
- Sous-estimer les cotisations sociales et la CASS : Se focaliser uniquement sur les 10 % d’impôt sur le revenu ou les 1 % de la micro-entreprise en oubliant de budgétiser les charges sociales sur les salaires ou les contributions de santé forfaitaires (CASS).
- Oublier les règles de la convention fiscale : Ne pas déclarer ses revenus de source roumaine dans son pays d’origine. Même si le mécanisme du crédit d’impôt évite la double taxation, l’obligation déclarative reste absolue sous peine d’amendes majeures.
7. Cas pratiques : Résolution de problèmes réels
Pour comprendre concrètement comment s’applique la fiscalité en Roumanie, analysons trois profils types d’expatriés ou d’investisseurs s’installant ou plaçant leurs capitaux dans le pays.
Le retraité français
- Profil : Jean, retraité, perçoit une pension du secteur privé de 2 000 € / mois (24 000 € / an). Il décide de S’expatrier en Roumanie pour augmenter son pouvoir de vivre.
- Application fiscale : Selon la convention fiscale franco-roumaine, les pensions du secteur privé sont imposables dans le pays de résidence fiscale (la Roumanie). La Roumanie applique son taux de 10 % sur les revenus après application des déductions légales locales applicables aux pensions. Jean voit son impôt chuter de près de 60 % par rapport à ce qu’il payait en France, tout en bénéficiant d’un coût de la vie inférieur de moitié.
Le freelance web / Entrepreneur digital
- Profil : Chloé est développeuse indépendante. Elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 50 000 € avec des clients basés en France et en Belgique. Elle s’installe à Bucarest.
- Application fiscale : Elle crée une structure SRL sous le régime de la micro-entreprise. Son chiffre d’affaires étant inférieur au plafond de 100 000 € applicable au régime Micro-SRL en 2026, elle choisit d’embaucher un salarié afin de respecter les conditions d’éligibilité du régime.
- Impôt sur la société : 50 000 € x 1 % = 500 €
- Elle se verse ensuite une partie des bénéfices sous forme de dividendes, selon les règles fiscales applicables au moment du versement.
- Coût fiscal global (hors cotisations sociales minimales) : Moins de 4 500 € pour l’année. En France, ses prélèvements auraient été deux à quatre fois supérieurs.
L’investisseur immobilier locatif
- Profil : Marc vit à Lyon mais souhaite Investir en Bulgarie ou en Roumanie. Il achète un appartement de deux pièces neuf à Bucarest pour 100 000 € qui lui génère 7 000 € de loyers annuels bruts.
- Application fiscale : En tant que non-résident, Marc paie ses impôts fonciers en Roumanie.
- Abattement de 20 % : 7 000 € – 1 400 € = 5 600 € de base imposable.
- Impôt (10 %) : 560 € d’impôt annuel dû à l’ANAF (l’administration fiscale roumaine).
- En France, il déclare ce revenu étranger qui lui ouvre droit à un crédit d’impôt pour éviter la double imposition, protégeant ainsi sa rentabilité nette.
8. Profils : La Roumanie est-elle faite pour vous ?
Le système fiscal roumain possède d’immenses qualités, mais il ne convient pas à tous les projets d’expatriation.
Si votre projet dépasse la simple optimisation fiscale, consultez également notre guide complet sur l’expatriation en Roumanie, qui détaille le coût de la vie, les démarches administratives, la santé, le logement et l’intégration sur place.
La Roumanie est parfaitement adaptée si :
- Vous êtes freelance ou infopreneur : Vous facturez à des clients internationaux et cherchez à minimiser légalement vos structures de coûts.
- Vous cherchez un coût de la vie modéré : Le pouvoir d’achat y est exceptionnel pour les détenteurs de revenus en euros.
- Vous êtes investisseur locatif : Vous cherchez du rendement brut élevé (6 % à 8 %) associé à une fiscalité simple et prévisible.
La Roumanie est moins adaptée si :
- Vous exigez un système de santé public identique à la France : Les cliniques privées à Bucarest sont excellentes, mais le système public reste en retrait.
- Vous ne parlez ni anglais ni roumain : L’intégration administrative et sociale nécessite une communication fluide, le français étant peu usité dans les bureaux de l’administration.
- Vous comptez uniquement sur un avantage fiscal sans projet de vie : L’expatriation demande une appétence pour la culture locale, au-delà de la simple optimisation d’impôt.
9. La convention internationale pour éviter la double imposition
C’est une certitude juridique essentielle : vous ne serez pas taxé deux fois sur les mêmes revenus. La Roumanie a signé des conventions fiscales bilatérales avec la quasi-totalité des pays de l’Union européenne.
Selon les principes du droit international, les revenus immobiliers sont toujours taxés dans le pays où le bien est situé. Vos loyers roumains sont donc imposés à l’ANAF. Dans votre pays d’origine (comme la France), vous devez obligatoirement reporter ces revenus sur votre déclaration annuelle. Cependant, le mécanisme du crédit d’impôt prévu par le traité international annule l’impôt français correspondant pour effacer la double taxation.
Pour approfondir les mécanismes généraux de sécurisation, prenez le temps de parcourir notre guide pour investir dans l’immobilier à l’étranger. Pour les démarches locales pointues, le portail officiel de l’ANAF (Agenția Națională de Administrare Fiscală) regroupe l’ensemble des formulaires et des textes législatifs à jour.
Mini FAQ : Vos questions fréquentes sur la fiscalité en Roumanie
Un citoyen européen peut-il acheter un terrain en Roumanie ?
Oui. Depuis la fin de la période de transition liée à l’adhésion du pays à l’Union européenne, les citoyens de l’UE peuvent acquérir des terrains en Roumanie (qu’ils soient à bâtir, agricoles ou forestiers) en nom propre, au même titre qu’un citoyen roumain.
Existe-t-il un impôt sur la fortune (ISF) en Roumanie ?
Non. La fiscalité Roumanie ne prévoit aucun impôt global sur la fortune ou sur le patrimoine mondial. La taxation patrimoniale s’exerce uniquement au niveau local via la taxe foncière municipale sur chaque actif détenu.
Comment un freelance étranger déclare-t-il ses revenus en Roumanie ?
Le freelance doit ouvrir une structure juridique locale (souvent une SRL). Il soumet ensuite chaque année, avant le 25 mai, la Declarația Unică (Déclaration Unique) qui récapitule le chiffre d’affaires, calcule l’impôt sur la société selon le régime fiscal applicable en vigueur au moment de la déclaration.
Vous avez maintenant les clés. La question est simple :
Voulez-vous continuer à chercher… ou accéder directement aux meilleures opportunités en Europe ?
Recevoir les opportunitésConclusion
La fiscalité Roumanie confirme son statut d’éden fiscal légal pour les profils agiles en 2026. Qu’il s’agisse d’un taux d’imposition réel de 8 % sur les loyers pour un particulier, d’une micro-entreprise taxée à 1 % sur son chiffre d’affaires pour un freelance, ou d’un prélèvement de 10 % sur les pensions de retraite privées, le pays aligne des arguments comptables percutants.
Toutefois, la modicité de l’impôt ne doit pas masquer la nécessité d’une rigueur administrative absolue. Un retard d’enregistrement de bail ou une mauvaise configuration de votre SRL peuvent générer des pénalités locales handicapantes. Pour sécuriser votre transition ou vos investissements à Bucarest ou en province, collaborez systématiquement avec un expert-comptable local certifié (CECCAR). C’est la clé pour transformer cette attractivité fiscale en un succès patrimonial et professionnel pérenne.
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Dernière mise à jour : juin 2026. Les données fiscales ont été vérifiées à partir des réformes budgétaires roumaines applicables en 2026 ainsi que des publications des administrations et cabinets d’audit internationaux de référence.
Avertissement : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique uniquement. La fiscalité évoluant régulièrement, notamment dans le cadre des réformes nationales et européennes, les règles applicables peuvent changer après la date de publication. Cet article ne constitue ni un conseil fiscal, juridique, comptable ou financier personnalisé. Avant toute décision d’investissement, d’expatriation ou de structuration patrimoniale, il est recommandé de consulter un avocat fiscaliste, un expert-comptable ou un conseiller spécialisé dans le pays concerné.


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