La rentabilité d’un investissement au Portugal ne se résume plus au rendement brut affiché. En 2026, il faut intégrer la hausse des prix, l’IMT spécifique aux non-résidents, l’évolution du régime NHR, la fiscalité locative et les restrictions locales sur l’hébergement touristique. Ce guide analyse donc le marché portugais en rendement net, après fiscalité et charges.
Investir au Portugal sans confondre rendement brut et rendement réel
Recevez des analyses concrètes sur les marchés, les coûts d’entrée et la fiscalité qui déterminent réellement la performance.
Accéder aux opportunitésÀ retenir : le Portugal reste compétitif à l’échelle européenne pour les investisseurs qui raisonnent en rendement net. La hausse des prix a comprimé les rendements bruts, tandis que la fiscalité d’acquisition des non-résidents a évolué. Certaines zones secondaires offrent un meilleur rapport entre prix et loyers, sans garantir une performance supérieure.
Est-ce rentable d’investir au Portugal en 2026 ?
Oui, mais la rentabilité nette indicative se situe le plus souvent entre 3 % et 5 % avant financement, selon la zone, le prix d’achat, le bail et les charges réellement déductibles. Dans les marchés secondaires, dépasser 5 % net reste possible, mais correspond à un scénario sélectif et non à une moyenne nationale.
Le Portugal reste attractif, mais uniquement pour les stratégies construites sur le rendement net réel.
Investir au Portugal en 2026 — résumé de la rentabilité réelle
Les chiffres essentiels avant d’investir
- Rendement brut indicatif
- 4 à 6 % dans les grandes villes, selon le quartier et le bien
- Rendement net indicatif
- 3 à 5 % avant financement ; au-delà de 5 %, le scénario devient plus sélectif
- Revenus locatifs résidentiels
- 25 % au taux autonome de droit commun, avant réductions éventuelles pour bail long
- Coût total d’acquisition
- Environ 9,5 à 12 % pour un non-résident, selon les honoraires et le dossier
- IMT non-résident
- 7,5 % pour la plupart des acquisitions résidentielles, avec exceptions et mécanisme de restitution sous conditions
- Droit de timbre
- 0,8 % sur la transaction, hors droit de timbre lié à un éventuel crédit
- IMI annuel
- 0,3 à 0,45 % de la valeur patrimoniale taxable, taux fixé par la commune
- Plus-value immobilière
- 50 % du gain net est retenu dans le calcul et soumis au barème progressif ; l’impôt n’est pas un forfait de 28 % sur 100 % du gain
Les rendements sont des fourchettes indicatives de marché. Les règles fiscales sont rapprochées du Code portugais en vigueur et doivent être validées selon votre situation.
Portugal vs Europe — comparatif rapide
Position du Portugal face aux alternatives européennes
- Portugal
- Net indicatif 3 à 5 % ; fiscalité locative de droit commun à 25 % ; coûts d’acquisition environ 9,5 à 12 %
- Espagne
- Net indicatif 4 à 6 % ; IRNR à 19 % pour les résidents UE/EEE éligibles et 24 % pour les autres ; coûts souvent 10 à 13 %
- Grèce
- Net indicatif 4 à 5,5 % ; revenus locatifs imposés selon un barème de 15 à 45 % ; coûts totaux souvent 7 à 10 %
- Pologne
- Net indicatif 4 à 6 % ; régime ryczałt à 8,5 % puis 12,5 % ; coûts souvent 4 à 7 %, avec risque PLN/EUR
Pour comparer les hypothèses de performance pays par pays, consultez notre dossier sur le rendement immobilier en Europe.
Le Portugal n’est donc pas automatiquement le marché le plus rentable : son intérêt dépend du compromis recherché entre rendement, liquidité, stabilité et projet d’installation.
Le marché immobilier portugais en 2026 : des prix records, une rentabilité qui se rééquilibre
Pour mesurer la rentabilité d’un investissement au Portugal, il faut d’abord comprendre où en est le marché. La hausse des prix a des conséquences directes sur les rendements accessibles aux nouveaux acquéreurs.
Selon l’INE Portugal, la valorisation bancaire médiane des appartements atteignait 2 447 €/m² en janvier 2026, soit une progression annuelle de 22,8 %. En juin 2026, la valorisation médiane de l’ensemble des logements atteignait 2 228 €/m². Ces indicateurs ne sont pas des prix de vente, mais ils confirment la pression exercée sur les tickets d’entrée. Source : INE Portugal.
La progression n’est toutefois pas uniforme : les écarts entre Lisbonne, Porto, les villes universitaires et l’intérieur restent considérables. Une hausse du prix d’achat plus rapide que celle des loyers comprime mécaniquement le rendement des nouvelles acquisitions.
Quels sont les prix actuels de l’immobilier au Portugal en 2026 ?
Au premier trimestre 2026, le prix médian des logements effectivement vendus au Portugal atteignait 2 337 €/m² selon l’INE. Une moyenne nationale reste cependant peu utile pour investir : le quartier, l’état du bien, la tension locative et la profondeur du marché à la revente déterminent la performance réelle.
Lisbonne — centre et secteurs prime
- Prix indicatif
- Environ 5 500 à 12 500 €/m² selon le quartier et la qualité
- Rendement brut indicatif
- 3,5 à 5 %
- Atout
- Liquidité et profondeur de la demande
- Vigilance
- Ticket d’entrée élevé et rendement net comprimé
Porto — hors hyper-centre
- Prix indicatif
- Environ 3 000 à 4 500 €/m²
- Rendement brut indicatif
- 4 à 5,5 %
- Atout
- Demande locative diversifiée et marché plus profond que les villes secondaires
- Vigilance
- Forte sensibilité au prix d’entrée et à la micro-localisation
Algarve littoral
- Prix indicatif
- Environ 3 500 à plus de 8 000 €/m²
- Rendement brut indicatif
- 3,5 à 5 % en scénario prudent
- Atout
- Demande internationale et usage possible en résidence secondaire
- Vigilance
- Saisonnalité et réglementation municipale de l’hébergement touristique
Setúbal et Côte d’Argent
- Prix indicatif
- Environ 2 300 à 3 800 €/m²
- Rendement brut indicatif
- 4,5 à 6 %
- Atout
- Ticket inférieur aux zones prime et bassins locatifs ciblés
- Vigilance
- Écarts importants entre communes, transports et quartiers
Braga et Aveiro
- Prix indicatif
- Environ 1 800 à 3 000 €/m²
- Rendement brut indicatif
- 4,5 à 6 %
- Atout
- Demande étudiante, universitaire et liée aux bassins d’emploi
- Vigilance
- Vérifier la demande rue par rue et la concurrence neuve
Régions intérieures
- Prix indicatif
- Environ 900 à 1 800 €/m²
- Rendement brut potentiel
- 5 à 7 %, uniquement si la demande locative est démontrée
- Atout
- Ticket d’entrée faible
- Vigilance
- Liquidité réduite, vacance et dépendance à quelques employeurs locaux
Les prix et rendements par zone sont des ordres de grandeur indicatifs, pas des moyennes officielles. Pour préparer l’opération complète, consultez également notre guide pour acheter un appartement au Portugal.
À retenir
- L’indice national des prix du logement a progressé de 17,6 % en 2025 selon l’INE, ce qui a mécaniquement accru la pression sur les rendements des nouvelles acquisitions
- Lisbonne et l’Algarve offrent liquidité et visibilité, mais les rendements y sont désormais parmi les plus faibles du pays
- Braga et Aveiro peuvent offrir un meilleur rapport prix/loyer, sous réserve de démontrer la demande à l’échelle du quartier
- Les zones secondaires peuvent offrir de meilleurs rapports entre prix d’entrée et loyers, mais chaque micro-marché doit être vérifié
Les zones secondaires peuvent présenter un meilleur rapport prix/loyer que les métropoles, mais la vacance, la profondeur de la demande et la liquidité à la revente doivent être vérifiées localement.
Fiscalité à l’achat : ce que coûte réellement une acquisition non-résident en 2026
Quels sont les frais d’acquisition au Portugal pour un non-résident ?
Pour un non-résident, l’enveloppe totale représente généralement environ 9,5 à 12 % du prix lorsque l’IMT à 7,5 % s’applique, en ajoutant le droit de timbre, l’enregistrement et les honoraires d’accompagnement. Sur un bien de 300 000 €, cela représente environ 28 500 à 36 000 €. Le montant exact doit être chiffré avant le compromis.
IMT 2026 : le changement structurel pour les non-résidents
L’IMT s’applique à l’acquisition immobilière. Depuis le décret-loi portugais n° 97/2026, un taux de 7,5 % vise la plupart des acquisitions résidentielles effectuées par un non-résident, sans réduction immédiate. Cette règle figure désormais à l’article 17 du Code de l’IMT. Notre dossier consacré à la fiscalité au Portugal en 2026 replace cette mesure dans l’ensemble du régime immobilier.
Deux catégories d’exemptions existent :
- Les acheteurs déjà considérés comme résidents fiscaux portugais ou qui le deviennent dans les deux ans suivant l’acquisition
- Les logements affectés, dans les six mois, à un bail d’habitation respectant le plafond de loyer prévu par le décret, avec au moins 36 mois de location durant les cinq premières années
Dans ces deux dernières situations, il s’agit d’un mécanisme d’annulation ou de restitution de la différence, à demander dans le délai légal. Ce n’est donc pas une exonération automatique à présumer au moment de signer.
Les autres frais incompressibles
- Droit de timbre : généralement 0,8 % sur la transaction, hors éventuel financement
- Acte et enregistrement : coût variable selon le canal, le nombre d’actes et les formalités
- Avocat ou conseil : honoraires variables, accompagnement fortement recommandé pour un non-résident
Une réforme fiscale peut changer toute la rentabilité
Recevez les mises à jour utiles avant de comparer un prix, un rendement ou un montage entre plusieurs pays européens.
Recevoir les analyses privéesÀ retenir
- IMT 2026 : 7,5 % pour la plupart des acquisitions résidentielles d’un non-résident, sauf situations prévues par le Code
- Enveloppe totale indicative à l’achat : 9,5 à 12 % du prix
- Ces coûts doivent être intégrés dès la première simulation de rentabilité
- Sur 350 000 € : environ 33 250 à 42 000 € selon l’accompagnement et les formalités
Les frais d’acquisition portugais sont suffisamment importants pour devoir figurer dès la première ligne de tout calcul de rentabilité.
Fiscalité de détention : IMI, revenus locatifs et plus-values
L’IMI : modérée, mais à calculer sur la valeur patrimoniale réelle
L’IMI est la taxe foncière annuelle portugaise. Pour un immeuble urbain, son taux varie entre 0,3 % et 0,45 % de la valeur patrimoniale taxable (VPT), selon la commune. La VPT ne doit pas être confondue avec le prix de marché : une VPT de 150 000 € produit par exemple un IMI annuel compris entre 450 et 675 €, avant éventuelles majorations ou réductions locales.
Pour les patrimoines importants, l’AIMI (surtaxe patrimoine immobilier) s’ajoute au-delà de certains seuils de VPT cumulée.
Quel est le taux d’imposition sur les revenus locatifs au Portugal pour un non-résident ?
Les revenus d’un bail d’habitation sont soumis au taux autonome de 25 %, avant réductions éventuelles liées à la durée. Les dépenses effectivement supportées pour obtenir ou garantir le revenu peuvent être déduites si elles sont justifiées. En revanche, les charges financières, les amortissements, le mobilier et les dépenses de confort sont exclus par l’article 41 du Code de l’IRS.
Des taux réduits s’appliquent selon la durée du bail :
Bail d’habitation de moins de 5 ans
- Taux autonome
- 25 %
- Condition
- Revenus issus d’un arrendamento habitacional ne bénéficiant pas d’une réduction pour durée
Bail de 5 ans à moins de 10 ans
- Taux résultant
- 15 %
- Renouvellement
- Réduction supplémentaire possible dans les limites prévues par l’article 72
Bail de 10 ans à moins de 20 ans
- Taux résultant
- 10 %
- Vigilance
- Une rupture anticipée imputable au bailleur peut entraîner une régularisation fiscale
Bail d’au moins 20 ans
- Taux résultant
- 5 %
- Vigilance
- L’engagement est très long et le bénéfice fiscal dépend du respect des conditions légales
Attention : ces réductions concernent l’habitation permanente et peuvent être écartées lorsque le loyer dépasse les plafonds prévus. L’hébergement touristique relève d’un autre cadre fiscal et ne doit pas être mélangé à ce tableau.
Plus-values immobilières : le régime réellement applicable en 2026
Le régime de la plus-value est l’un des points les plus souvent repris avec des règles devenues obsolètes.
- Base retenue : sauf cas particuliers, 50 % du solde net de la plus-value immobilière est pris en compte
- Taux : cette base est soumise au barème progressif de l’IRS ; le coût effectif dépend donc du gain net, des frais admis et de la situation du contribuable
Il est donc faux d’appliquer automatiquement 28 % à 100 % du gain brut. Pour préparer une revente ou un changement de résidence, consultez notre dossier sur la résidence fiscale au Portugal et faites calculer le gain taxable à partir des justificatifs réels.
À retenir
- IMI annuelle : 0,3 à 0,45 % de la VPT pour un immeuble urbain, selon la commune
- Revenus locatifs résidentiels : 25 % en droit commun, puis 15 %, 10 % ou 5 % selon la durée et les conditions
- Plus-values immobilières : 50 % du gain net est généralement retenu puis soumis au barème progressif
- Le statut de résidence reste déterminant pour la déclaration, le taux et l’application de la convention fiscale
La durée du bail peut réduire fortement l’imposition des loyers, mais elle crée aussi un engagement juridique long : la fiscalité ne doit jamais être le seul critère de choix.
Rentabilité au Portugal : du brut au net, la simulation qui compte
Quel rendement net peut-on attendre au Portugal en 2026 ?
Un rendement net avant financement compris entre 3 % et 5 % constitue un ordre de grandeur prudent. Les meilleurs dossiers peuvent dépasser cette fourchette, mais seulement avec un prix d’entrée maîtrisé, une demande locative démontrée et des charges documentées.
Simulation sur un bien à 300 000 € à Porto (loyer 1 350 €/mois)
Appartement de 300 000 € loué 1 350 € par mois
- Loyers théoriques
- 16 200 € par an
- Vacance retenue
- – 810 € (hypothèse de 5 %)
- Gestion locative
- – 1 296 € (hypothèse de 8 % des loyers théoriques)
- IMI
- – 525 € (0,35 % sur une VPT hypothétique de 150 000 €)
- Entretien et provisions
- – 600 €
- Base locative simplifiée
- 12 969 €, sous réserve que les dépenses soient admises et justifiées
- Impôt à 25 %
- – 3 242 € environ
- Revenu net annuel
- 9 727 € environ
- Rendement sur le prix
- Environ 3,2 %
- Rendement sur le capital total
- Environ 2,9 % avec 10 % de coûts d’acquisition, soit 330 000 € mobilisés
Simulation indicative et simplifiée. Elle exclut le financement, l’assurance, les travaux exceptionnels et les éventuels avantages liés à un bail long. La déductibilité dépend des justificatifs et de l’affectation réelle des dépenses.
Dans ce scénario, l’écart entre le rendement brut de 5,4 % et le rendement net sur capital total de 2,9 % atteint environ 2,5 points. Oublier les coûts d’acquisition embellit donc artificiellement la performance.
L’INE publie des prix de transaction, des valorisations bancaires et des loyers, mais pas un rendement net universel. Toute fourchette de rendement doit donc être reconstruite bien par bien à partir du loyer encaissable, du prix complet et du régime fiscal applicable.
Les trois leviers pour améliorer la rentabilité nette
- La durée du bail : un bail d’au moins 20 ans peut ramener le taux autonome de 25 % à 5 %, sous réserve de respecter toutes les conditions
- La zone géographique : certains secteurs de Setúbal, Braga ou Aveiro peuvent offrir un meilleur rapport prix/loyer, à confirmer avec des transactions et loyers comparables
- Le statut fiscal : la résidence influence l’IMT, les obligations déclaratives, le calcul du taux progressif et l’application de la convention ; elle ne garantit pas à elle seule une économie d’impôt
À retenir
- Dans la simulation présentée, l’écart brut/net sur capital total atteint environ 2,5 points
- La fiscalité locative de droit commun à 25 % constitue l’un des principaux postes de réduction du rendement net
- Les baux d’au moins 5, 10 ou 20 ans peuvent ramener le taux à 15 %, 10 % ou 5 %
- Pour optimiser la rentabilité : prix d’entrée cohérent, bail adapté et analyse nette systématique
L’écart entre rendement brut affiché et rendement net réel dépasse souvent 2 points — c’est le premier chiffre à exiger avant toute décision d’investissement au Portugal.
Faut-il investir au Portugal en 2026 ?
La réponse dépend de votre profil. Le Portugal n’est pas le bon marché pour tout le monde — et c’est précisément cette sélectivité qui le rend pertinent pour certains profils bien définis.
Investisseur orienté rendement
Verdict : oui, en ciblant les zones secondaires.
Le Portugal peut convenir à l’investisseur orienté rendement à condition de sélectionner une micro-zone où le rapport prix/loyer reste démontrable. Setúbal, Braga ou Aveiro peuvent viser un rendement brut indicatif de 4,5 à 6 %. Un bail de 5 à moins de 10 ans peut ramener le taux à 15 %, et un bail de 10 à moins de 20 ans à 10 %, mais la durée doit rester compatible avec la stratégie patrimoniale.
Investisseur patrimonial
Verdict : oui, sur Lisbonne ou l’Algarve, avec horizon long.
Pour un investisseur patrimonial, Lisbonne, Porto et certains secteurs de l’Algarve offrent une meilleure profondeur de marché, mais avec un rendement net souvent plus faible. L’indice national des prix du logement a progressé de 17,6 % en 2025 selon l’INE ; cette hausse passée ne constitue toutefois aucune garantie de plus-value future. L’AIMI et la fiscalité de revente doivent être intégrées à une détention longue.
Expatrié envisageant de s’installer au Portugal
Verdict : très favorable, mais anticiper la résidence fiscale.
Pour un expatrié qui envisage de devenir résident fiscal au Portugal, l’équation change : l’IMT à 7,5 % peut faire l’objet du mécanisme prévu si la résidence est acquise dans les deux ans, tandis que les obligations déclaratives et le taux applicable dépendent du revenu global. L’IFICI ne remplace le NHR que pour des activités professionnelles éligibles ; ce n’est pas un avantage immobilier général. Pour préparer les démarches, consultez notre guide pour s’installer au Portugal en 2026.
À retenir
- Investisseur rendement : viser un rapport prix/loyer démontré et un bail cohérent avec l’horizon de détention
- Investisseur patrimonial : privilégier la liquidité et conserver une hypothèse prudente de revente
- Expatrié : anticiper la résidence fiscale avant l’acte, sans présumer d’un avantage automatique
- Dans tous les cas : raisonner en net dès la première analyse
Portugal vs Europe : comparatif stratégique pour décider en 2026
Situer le Portugal dans le contexte européen est indispensable avant d’immobiliser un capital important. Notre guide pour investir en Europe permet de replacer cet arbitrage dans une stratégie plus large.
Portugal
- Ticket d’entrée
- Élevé dans les grandes métropoles ; plus accessible dans les villes secondaires
- Rendement brut indicatif
- 4 à 6 %
- Fiscalité locative
- 25 % en droit commun, avec réductions possibles pour bail d’habitation long
- Coût d’acquisition
- Environ 9,5 à 12 % pour un non-résident lorsque l’IMT à 7,5 % s’applique
- Risque principal
- Prix d’entrée élevé et rendement net facilement surestimé
Espagne
- Ticket d’entrée
- Moyen, avec de forts écarts entre Madrid, le littoral et les villes secondaires
- Rendement brut indicatif
- 5 à 7 %
- Fiscalité locative
- 19 % pour les résidents UE/EEE éligibles avec dépenses directement liées déductibles ; 24 % généralement sur le brut pour les autres
- Coût d’acquisition
- Environ 10 à 13 %
- Risque principal
- Réglementation différente selon la Communauté autonome et la commune
Pologne
- Ticket d’entrée
- Encore accessible dans certaines villes moyennes
- Rendement brut indicatif
- 5 à 7 %
- Fiscalité locative
- Ryczałt à 8,5 % jusqu’à 100 000 PLN de recettes, puis 12,5 % au-delà
- Coût d’acquisition
- Environ 4 à 7 %
- Risque principal
- Change PLN/EUR et profondeur de marché variable
Grèce
- Ticket d’entrée
- Accessible hors zones touristiques les plus chères
- Rendement brut indicatif
- 5 à 8 %
- Fiscalité locative
- Barème progressif de 15 à 45 %
- Coût d’acquisition
- Environ 7 à 10 % au total ; la taxe de mutation seule est de 3 %
- Risque principal
- Liquidité et saisonnalité selon la zone
Les rendements et coûts sont des fourchettes indicatives destinées à comparer les ordres de grandeur. Les régimes fiscaux doivent être vérifiés pour le contribuable concerné.
Pour un arbitrage centré sur la péninsule ibérique, consultez notre comparatif Espagne ou Portugal.
À retenir
- L’Espagne, la Pologne ou la Grèce peuvent offrir davantage de rendement brut, avec d’autres risques fiscaux, réglementaires ou monétaires
- Les coûts d’acquisition portugais, souvent autour de 9,5 à 12 % pour un non-résident, réduisent fortement la performance initiale
- La plus-value portugaise doit être calculée avec la règle actuelle des 50 % et le barème progressif, pas avec l’ancien raccourci de 28 %
- Le Portugal conserve ses atouts : stabilité, qualité de vie, marché locatif actif dans les grandes villes
- Au Portugal, les zones secondaires peuvent améliorer le rapport prix/loyer, mais ne compensent jamais une demande locative insuffisante
Le Portugal est compétitif sur la qualité de marché et la liquidité — moins sur la fiscalité pure comparée à ses voisins européens.
Fin du NHR, IFICI et convention franco-portugaise : l’impact fiscal pour les investisseurs français
Le Portugal est-il encore fiscalement avantageux depuis la fin du NHR ?
Non, pas de manière générale. L’ancien NHR est fermé aux nouveaux dossiers ordinaires, sous réserve des situations transitoires prévues par la loi. Les loyers d’habitation relèvent du taux de 25 % avant réductions éventuelles, tandis que les plus-values immobilières suivent désormais la règle des 50 % et le barème progressif. La convention franco-portugaise répartit le droit d’imposer et évite la double imposition selon ses mécanismes propres.
La fin du NHR : ce qui change concrètement
Le régime des résidents non habituels a accordé pendant quinze ans un traitement fiscal spécifique sur une période de dix ans. Il est fermé aux nouveaux entrants ordinaires depuis 2024, mais les bénéficiaires déjà admis et certaines situations transitoires continuent jusqu’à leur terme légal.
L’IFICI vise des activités déterminées de recherche, d’innovation, d’enseignement supérieur ou certains emplois hautement qualifiés répondant aux conditions légales. Il ne constitue ni un « NHR 2.0 » ouvert à tous, ni une réduction automatique de la fiscalité immobilière.
Pour un investisseur qui reste non-résident, le NHR n’était de toute façon pas un régime applicable à sa simple détention immobilière. Le vrai enjeu consiste à modéliser le projet avec les règles de droit commun, puis à réexaminer l’ensemble si un transfert de résidence est réellement envisagé.
La convention franco-portugaise : protection contre la double imposition
La convention de non-double imposition signée entre la France et le Portugal prévoit que les revenus immobiliers de source portugaise sont imposés au Portugal. Un résident fiscal français devra néanmoins les déclarer en France — et bénéficiera d’un crédit d’impôt évitant la double imposition effective.
Ce mécanisme ne supprime pas l’impôt portugais et ses effets exacts dépendent du revenu concerné et de la situation française. Pour replacer ces règles dans un cadre comparatif, consultez notre analyse de la fiscalité immobilière en Europe.
À retenir
- Le NHR est fermé aux nouveaux dossiers ordinaires, avec maintien des droits acquis et situations transitoires prévues
- L’IFICI cible des activités professionnelles éligibles ; il ne remplace pas le NHR pour tous les expatriés
- Convention franco-portugaise : évite la double imposition, sans réduire la charge fiscale portugaise
- Sans résidence fiscale : loyers d’habitation à 25 % avant réductions éventuelles ; plus-value à calculer sur 50 % du gain net au barème progressif ; IMT à 7,5 % dans la plupart des acquisitions résidentielles
- Un changement de résidence fiscale ne doit jamais être décidé pour un seul avantage immobilier
Le Portugal reste fiscalement lisible, mais aucune stratégie sérieuse ne doit reposer sur l’idée que l’ancien NHR serait encore accessible à tous.
⚠️ Les erreurs à éviter pour investir au Portugal
C’est souvent là que se jouent les écarts de performance entre investisseurs. Ces erreurs sont fréquentes, évitables, et coûteuses.
1. Se baser uniquement sur le rendement brut Le rendement brut est un indicateur de présentation, pas de décision. Il ne tient compte ni de la fiscalité (25 % pour les non-résidents), ni des charges de gestion, ni de la vacance locative. L’écart avec le rendement net atteint régulièrement 2 à 2,5 points.
2. Sous-estimer les frais d’acquisition Avec l’IMT à 7,5 %, une enveloppe globale d’environ 9,5 à 12 % est plus prudente pour un non-résident. Sur un bien à 300 000 €, cela représente approximativement 28 500 à 36 000 € avant travaux.
3. Utiliser une ancienne règle de plus-value Appliquer 28 % à la totalité du gain est obsolète. En 2026, 50 % du gain net est généralement retenu puis soumis au barème progressif. Utiliser l’ancien calcul fausse le TRI et le scénario de sortie.
4. Investir à Lisbonne sans stratégie claire Lisbonne offre une meilleure liquidité que de nombreux marchés secondaires, mais les prix d’entrée peuvent limiter le rendement brut à environ 3,5–5 %. Sans horizon patrimonial et sans stratégie précise, le rendement net peut devenir trop faible.
5. Négliger la vacance locative Une simulation commerciale à 100 % d’occupation est fragile. Retenez plusieurs scénarios — par exemple 5 %, 8 % et 12 % de vacance — puis confrontez-les à la demande réelle du quartier.
À retenir
- Toujours calculer en rendement net : brut – fiscalité – charges – vacance
- Prévoir une enveloppe indicative de 9,5 à 12 % lorsque l’IMT à 7,5 % s’applique
- Toujours vérifier le régime fiscal applicable à votre situation personnelle
- Lisbonne = marché patrimonial, pas marché rendement
- La vacance locative est un poste réel, pas une variable secondaire
Ces cinq erreurs expliquent à elles seules la majorité des déceptions d’investisseurs immobiliers au Portugal. Les éviter, c’est sécuriser l’écart entre rentabilité annoncée et rentabilité réelle.
Checklist avant d’investir au Portugal
Six vérifications avant le compromis
- Propriété
- Contrôler la certidão permanente, la caderneta predial, les licences, les servitudes et les charges de copropriété.
- Budget total
- Additionner le prix, l’IMT, le droit de timbre, l’acte, l’enregistrement, les honoraires de conseil et les travaux.
- Loyer réaliste
- Comparer des loyers réellement signés et des biens comparables, pas seulement les annonces les plus optimistes.
- Fiscalité
- Valider la résidence fiscale, le type de bail, les charges déductibles et l’application de la convention internationale.
- Usage autorisé
- Distinguer location longue durée et alojamento local, puis vérifier les règles de la commune et de la copropriété.
- Scénario de sortie
- Tester la liquidité locale, le calcul de la plus-value et un horizon de détention suffisamment long pour absorber les frais d’entrée.
Conclusion
Investir au Portugal en 2026 peut rester pertinent, à condition d’aborder le marché avec les bons paramètres. Les prix ont fortement progressé et l’ancien régime NHR est désormais fermé à la plupart des nouveaux demandeurs, hors situations transitoires prévues par la loi.
Un rendement net indicatif de 3 à 5 % reste envisageable selon le prix d’achat, la ville, la vacance et le mode de gestion. Dépasser 5 % net est possible sur des dossiers sélectifs, mais ne doit pas être présenté comme la moyenne du marché.
La clé consiste à raisonner en rendement net dès la première ligne de calcul, puis à intégrer le coût total d’acquisition, un loyer prudent, la fiscalité réellement applicable et le scénario de revente. Le choix de la zone ne vient qu’après ces vérifications.
Au Portugal, la rentabilité n’est plus automatique : elle se construit par le prix d’entrée, la qualité de l’emplacement, le type de bail et une fiscalité correctement modélisée.
FAQ
Le Portugal est-il rentable pour un investisseur non-résident en 2026 ?
Oui — avec une rentabilité nette entre 3 % et 5 % selon les zones.
Une fourchette nette indicative de 3 à 5 % est plus prudente à l’échelle de l’article. Un résultat supérieur à 5 % suppose généralement un achat bien négocié, une zone précise et une exploitation maîtrisée. Les frais d’acquisition, souvent proches de 9,5 à 12 % lorsque l’IMT à 7,5 % s’applique, et l’impôt locatif de droit commun à 25 % réduisent fortement le rendement brut.
Quels sont les frais réels à prévoir pour acheter au Portugal en tant que non-résident ?
Une enveloppe indicative de 9,5 à 12 % du prix — soit environ 28 500 à 36 000 € sur un bien à 300 000 € — est prudente lorsque l’IMT à 7,5 % s’applique.
Décomposition :
- IMT 2026 : 7,5 % pour la plupart des acquisitions résidentielles d’un non-résident, avec exceptions et restitution possibles sous conditions
- Droit de timbre : 0,8 %
- Acte et enregistrement : montants variables selon l’opération et le canal utilisé
- Avocat, vérifications et accompagnement : honoraires variables selon le dossier
Le total exact dépend du prix, de la nature du bien, des éventuelles exonérations ou restitutions et des professionnels choisis. Il doit être chiffré avant la signature du compromis.
Le Portugal est-il encore intéressant fiscalement depuis la fin du NHR ?
Oui, mais l’investissement ne doit pas reposer sur un avantage fiscal automatique.
L’ancien NHR est fermé à la plupart des nouveaux demandeurs, sous réserve des règles transitoires. Les revenus d’une location résidentielle relèvent en principe d’un taux de 25 %, avant réductions possibles à 15 %, 10 % ou 5 % pour certains baux longs respectant toutes les conditions. Lors d’une revente, 50 % de la plus-value immobilière nette est généralement intégré au revenu imposable puis soumis au barème progressif. La résidence fiscale ne crée donc pas, à elle seule, un abattement supplémentaire réservé aux résidents.
Sources officielles et méthode
Références vérifiées pour l’actualisation 2026
- Diário da República — décret-loi n° 97/2026 sur l’IMT des non-résidents
- Autoridade Tributária — article 72 du Code IRS
- Autoridade Tributária — article 43 du Code IRS
- Autoridade Tributária — article 41 du Code IRS
- Autoridade Tributária — article 112 du Code IMI
- Gouvernement portugais — achat et vente d’un bien immobilier
- Instituto Nacional de Estatística — évaluation bancaire des logements, janvier 2026
- Direction générale des Finances publiques — convention fiscale France–Portugal
Méthode : les règles fiscales proviennent des textes officiels accessibles à la date de mise à jour. Les prix, loyers et rendements par zone sont des ordres de grandeur indicatifs destinés à la comparaison ; ils ne constituent ni une moyenne officielle pour chaque quartier ni une promesse de performance.
Vous connaissez maintenant les vrais coûts du Portugal
Recevez les prochaines analyses avant de comparer une zone, un rendement ou un régime fiscal.
Recevoir les opportunitésAnalyse fondée sur les textes fiscaux portugais, les données de l’Instituto Nacional de Estatística et la convention fiscale France–Portugal disponibles à la date de mise à jour.