La fiscalité retraite à l’étranger dépend d’abord de votre résidence fiscale, de la nature exacte de chaque pension et de la convention conclue entre la France et votre pays d’accueil. Le compte bancaire sur lequel l’argent est versé ne décide pas du lieu d’imposition. La nationalité française de la caisse ne suffit pas davantage à conclure que l’impôt restera dû en France.
Cette distinction est essentielle en 2026. Deux retraités installés dans le même pays peuvent être imposés différemment si l’un perçoit une pension de fonctionnaire et l’autre une retraite d’ancien salarié du privé. Une même personne peut également recevoir plusieurs pensions dont certaines restent imposables en France alors que d’autres relèvent de son État de résidence.
La bonne méthode consiste donc à raisonner pension par pension, puis à vérifier les obligations déclaratives dans les deux États. Cet article explique le mécanisme transversal. Il ne cherche pas à classer les destinations fiscalement avantageuses et renvoie vers les dossiers pays dès qu’une analyse locale plus détaillée devient nécessaire.
Vous payez l’impôt dans l’État auquel la convention fiscale attribue le droit d’imposer chaque pension. Le pays de résidence impose fréquemment les pensions privées. La France conserve souvent les pensions publiques et, dans certaines conventions, les pensions françaises de sécurité sociale. Il n’existe donc pas de réponse universelle valable pour toutes les retraites françaises.
- Les 183 jours ne suffisent pas : le foyer, les intérêts économiques et la convention fiscale comptent aussi.
- Trois catégories doivent être séparées : pension publique, pension privée et pension de sécurité sociale.
- Une convention ne supprime pas automatiquement l’impôt : elle répartit le droit d’imposer et organise l’élimination d’une éventuelle double imposition.
- Impôt et prélèvements sociaux sont distincts : l’absence de CSG et de CRDS n’exclut pas une cotisation d’assurance maladie.
- La simulation doit être faite caisse par caisse : CNAV, Agirc-Arrco, pension publique, régime spécial ou rente privée peuvent suivre des règles différentes.
Fiscalité retraite à l’étranger : ce qui détermine l’imposition
Le raisonnement fiscal suit une hiérarchie. Le droit interne français sert d’abord à déterminer si vous êtes domicilié fiscalement en France. Le droit du pays d’accueil peut parvenir à une autre conclusion. Si les deux États vous considèrent comme résident, la convention fiscale tranche le conflit. Cette même convention répartit ensuite le pouvoir d’imposer selon la catégorie de pension.
- Établir la résidence fiscale réelle. Un visa, une carte de séjour ou un nombre de jours passés à l’étranger ne suffisent pas toujours.
- Qualifier chaque pension. Il faut distinguer les pensions publiques, privées et de sécurité sociale au sens de la convention.
- Lire le texte applicable. La convention peut attribuer l’imposition à la France, au pays de résidence ou organiser un partage avec élimination de la double imposition.
La résidence fiscale d’un retraité expatrié ne se résume pas aux 183 jours
En droit français, une personne peut rester domiciliée fiscalement en France si elle y conserve son foyer ou son lieu de séjour principal, si elle y exerce une activité professionnelle qui n’est pas accessoire, ou si elle y maintient le centre de ses intérêts économiques. L’administration fiscale précise que le foyer correspond en principe au lieu où la personne ou sa famille habite normalement. Elle examine également le lieu des principaux investissements, des affaires et de la majorité des revenus. Ces critères sont expliqués par la Direction générale des Finances publiques.
Le seuil de 183 jours n’est donc pas un passeport fiscal universel. Un retraité qui passe huit mois à l’étranger mais laisse son conjoint, son logement permanent et la gestion de l’essentiel de son patrimoine en France peut faire l’objet d’une analyse différente de celle qu’il avait anticipée. À l’inverse, un séjour inférieur à six mois n’empêche pas nécessairement d’être résident de l’autre État lorsque son droit interne et la convention conduisent à cette conclusion.
Que se passe-t-il lorsque les deux pays vous considèrent comme résident ?
Les conventions fiscales comportent généralement des critères successifs, souvent appelés règles de départage. Elles recherchent le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, c’est-à-dire les liens personnels et économiques les plus étroits. Viennent ensuite le séjour habituel, la nationalité et, en dernier recours, un accord entre les administrations.
Il n’est pas possible de choisir librement le critère le plus favorable. Ils s’appliquent dans l’ordre prévu par la convention. Le fait de recevoir l’essentiel de ses revenus de France peut peser dans l’analyse du centre des intérêts économiques, mais il n’efface pas le foyer, la famille, le logement disponible, les habitudes de vie et les autres éléments concrets du dossier.
Pension privée, pension publique et sécurité sociale : pourquoi le traitement change
La question « ma retraite est-elle française ? » est trop vague pour obtenir une réponse fiable. Il faut identifier la nature juridique de chaque versement. La notice officielle 2041-E, millésime 2026, distingue précisément les pensions publiques, les pensions privées hors sécurité sociale et les pensions privées de sécurité sociale. Elle précise que tous les régimes obligatoires sont considérés comme des régimes de sécurité sociale.
La pension publique
Elle rémunère en principe des services rendus à l’État, à une collectivité territoriale ou à une personne publique visée par la convention. De nombreuses conventions la laissent imposable dans l’État qui la verse. Une exception fondée sur la résidence et la nationalité du bénéficiaire peut toutefois transférer l’imposition à l’autre État.
La pension privée hors sécurité sociale
Elle correspond généralement à un ancien emploi privé ou à une rente assimilée par la convention. Dans beaucoup de conventions françaises, elle est imposable uniquement dans le pays de résidence. Cette règle est fréquente, mais elle ne doit jamais être étendue sans lecture du texte bilatéral applicable.
La pension de sécurité sociale
Elle provient d’un régime légal ou obligatoire. Les régimes de base et les retraites complémentaires obligatoires, notamment Agirc-Arrco, peuvent relever de cette catégorie. Selon la convention, ces pensions suivent la règle des pensions privées ou restent imposables dans l’État de la caisse. L’Italie illustre cette seconde situation pour plusieurs régimes obligatoires français.
La qualification ne se déduit pas uniquement du nom de la caisse. Une pension versée après une carrière dans un établissement public peut être traitée comme une pension privée par certaines conventions. Une retraite complémentaire obligatoire peut relever de la sécurité sociale conventionnelle. En présence d’une carrière mixte, il faut donc dresser une fiche par organisme : CNAV ou Carsat, Agirc-Arrco, Service des retraites de l’État, régime spécial, caisse étrangère, rente d’entreprise ou contrat individuel.
Quel rôle joue la convention fiscale entre la France et le pays de résidence ?
Une convention fiscale n’est pas un régime d’exonération générale. Elle sert à répartir le pouvoir d’imposer entre deux États et à supprimer une éventuelle double imposition. Selon sa rédaction, un revenu peut être exclusivement taxable dans l’État de résidence, rester imposable dans l’État de la source, ou devoir être déclaré dans les deux pays avec une exemption ou un crédit d’impôt dans l’État de résidence.
Dans le modèle de convention fiscale de l’OCDE, l’article 18 traite généralement des pensions versées au titre d’un emploi antérieur, tandis que l’article 19, paragraphe 2, encadre les pensions publiques. Cette architecture sert de référence aux négociations internationales, mais la numérotation, les définitions et les exceptions peuvent varier dans chaque convention bilatérale. Le texte conclu entre la France et le pays de résidence reste donc la seule base juridique applicable.
La France publie les textes en vigueur sur la page officielle des conventions fiscales internationales. Il faut consulter la version applicable à l’année concernée, ses avenants, son protocole et, si nécessaire, les commentaires administratifs. Une convention signée mais non encore entrée en vigueur ne produit pas les effets attendus.
Comment lire l’article « pensions » sans se tromper ?
- Vérifiez la définition du résident et les critères applicables en cas de double résidence.
- Lisez l’article sur les pensions privées, puis celui sur les rémunérations et pensions publiques.
- Recherchez une clause distincte visant la sécurité sociale ou les régimes obligatoires.
- Contrôlez les exceptions liées à la nationalité unique ou à la binationalité.
- Lisez l’article consacré à l’élimination de la double imposition : exemption, taux effectif ou crédit d’impôt.
- Vérifiez le protocole et les avenants, qui peuvent modifier la portée pratique d’un article.
Cette lecture explique pourquoi deux Français installés dans le même pays peuvent ne pas payer l’impôt au même endroit. L’un perçoit une pension civile de fonctionnaire, l’autre une retraite d’ancien salarié du privé. L’un possède uniquement la nationalité française, l’autre est binational. L’un dépend d’un régime obligatoire expressément visé, l’autre reçoit une rente privée.
Le taux d’impôt local ne doit jamais être votre premier critère
Comparer des taux affichés sans avoir qualifié ses pensions produit une fausse économie. La priorité consiste à savoir quel État peut imposer chaque caisse, puis à intégrer la couverture maladie, les revenus immobiliers, la situation du conjoint et les obligations déclaratives. Le pays fiscalement attractif sur le papier peut devenir moins intéressant une fois ces éléments réunis.
Résident fiscal à l’étranger : la France peut-elle encore imposer votre retraite ?
Oui. Devenir non-résident fiscal ne fait pas disparaître toutes les obligations françaises. Si la convention laisse à la France le droit d’imposer une pension française, la caisse peut appliquer la retenue à la source spécifique des non-résidents prévue par l’article 182 A du Code général des impôts.
Pour les revenus versés en 2026, le barème officiel publié au BOFiP le 2 avril 2026 comporte trois tranches annuelles. Les limites s’apprécient après l’abattement de 10 % appliqué aux revenus concernés.
Retenue à la source de 0 %
- Fraction concernée
- Jusqu’à 17 275 €
- Taux appliqué
- 0 %
Retenue à la source de 12 %
- Fraction concernée
- De 17 275 € à 50 112 €
- Taux appliqué
- 12 %
Retenue à la source de 20 %
- Fraction concernée
- Au-delà de 50 112 €
- Taux appliqué
- 20 %
Ce barème ne doit pas être confondu avec le prélèvement à la source ordinaire des résidents français ni avec les taux minimums d’imposition des non-résidents. Chaque caisse applique en principe la retenue sur les sommes qu’elle verse. Lorsque plusieurs organismes interviennent, une régularisation peut devenir nécessaire, car chacun ne connaît pas forcément les montants payés par les autres.
Le taux moyen peut réduire l’impôt français du non-résident
Lorsque la France conserve le droit d’imposer certains revenus, le non-résident relève du barème français avec des taux minimums. Il peut toutefois demander l’application du taux moyen si celui-ci est plus favorable. Pour le calculer, l’administration tient compte des revenus mondiaux et des charges selon les règles françaises, mais le taux obtenu s’applique uniquement aux revenus effectivement imposables en France.
La DGFiP recommande de demander cette option lors de la déclaration, puisqu’elle n’est retenue que lorsqu’elle avantage le contribuable. Il faut alors pouvoir justifier les revenus français et étrangers. Les modalités sont détaillées sur la page officielle consacrée au taux moyen des non-résidents.
Retraite à l’étranger et prélèvements sociaux : CSG, CRDS, Casa et cotisation maladie
L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux répondent à des logiques différentes. Une pension peut être imposable en France sans supporter les mêmes contributions sociales que celle d’un résident français. Inversement, l’absence de CSG et de CRDS ne signifie pas qu’aucune retenue sociale ne sera effectuée.
Selon l’Assurance retraite, une personne dont la résidence fiscale n’est plus en France n’est pas redevable, sur sa retraite versée à l’étranger, de la CSG, de la CRDS ni de la Casa. Une cotisation d’assurance maladie peut en revanche être prélevée selon le régime de couverture et les droits ouverts.
Pour une retraite vécue dans un pays non lié à la France par un accord de sécurité sociale applicable à la situation, le Cleiss indique qu’une cotisation maladie est retenue si le pensionné reste à la charge d’un régime français. Les taux généralement mentionnés sont les suivants.
Cotisation maladie : 3,2 %
Ce taux peut être prélevé lorsque le pensionné résidant fiscalement hors de France reste à la charge d’un régime français d’assurance maladie.
Cotisation maladie : 4,2 %
Le taux applicable à la pension complémentaire ne doit pas être confondu avec les prélèvements sociaux des résidents fiscaux français.
Cotisation maladie : 7,1 %
Ce taux concerne la retraite d’un régime de travailleur indépendant lorsque les conditions de rattachement au régime français sont réunies.
La convention fiscale et l’accord de sécurité sociale sont deux textes différents. La première décide où un revenu est imposable. Le second organise notamment la couverture maladie et peut influer sur la cotisation d’assurance maladie. Il faut vérifier les deux sans déduire la situation sociale de la seule convention fiscale.
Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et en Suisse, la situation dépend notamment de l’État compétent pour l’assurance maladie et de l’organisme qui délivre le formulaire S1. Pour une personne ayant cotisé dans plusieurs pays, la réponse peut différer selon l’État qui prend les soins de santé à sa charge. Cette vérification doit être séparée de l’analyse fiscale.
Le sujet de la couverture ne doit pas être traité après le déménagement. Le niveau de remboursement, la possibilité de recevoir des soins en France, les besoins d’hospitalisation privée et l’évacuation sanitaire peuvent modifier sensiblement le budget. Notre guide sur l’assurance et la mutuelle expatrié permet de comparer les principales architectures de couverture sans les confondre avec la fiscalité de la pension.
Exemples d’imposition d’une pension française selon plusieurs destinations
L’annexe 1 de la notice 2041-E millésime 2026 répond à une question précise : la pension reçue par un résident du pays concerné est-elle imposable en France ? Les exemples suivants reprennent cette grille officielle. Ils ne comparent ni le niveau de l’impôt local, ni le coût de la vie, ni l’intérêt global de chaque destination.
Le Portugal, l’Italie, l’Espagne, Madagascar, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Guinée ont été retenus parce qu’ils correspondent aux dossiers retraite et fiscalité déjà documentés par ImmoConnexion. Ensemble, ils illustrent plusieurs répartitions possibles du droit d’imposer. Cette sélection sert le maillage pédagogique du site : elle ne constitue ni un classement des pays les plus recherchés, ni une liste des destinations fiscalement les plus avantageuses.
La pension publique peut rester imposable en France
La pension publique française reste en principe taxable en France, sauf lorsque le pensionné possède la nationalité portugaise, même s’il conserve également la nationalité française. Pour le régime local et la fin des avantages historiques, consultez notre analyse de la fiscalité des retraités au Portugal.
Les pensions obligatoires peuvent rester imposables en France
La distinction italienne est majeure : les pensions françaises de sécurité sociale sont imposables en France, tandis que les pensions privées hors sécurité sociale ne le sont pas. Certaines pensions d’établissements publics peuvent recevoir une qualification particulière. Notre article sur les impôts du retraité français en Italie détaille ce mécanisme.
La nationalité peut modifier le traitement de la pension publique
La pension publique française reste généralement imposable en France. L’exception s’applique lorsque le bénéficiaire possède la nationalité espagnole sans avoir la nationalité française. Pour préparer le projet dans son ensemble, consultez notre guide sur la retraite en Espagne.
La convention distingue nettement pension publique et autres pensions
Pour un résident de Madagascar, la grille officielle attribue à la France l’imposition de la pension publique, mais pas celle des pensions privées ou de sécurité sociale. Les obligations déclaratives malgaches doivent néanmoins être vérifiées. Retrouvez notre dossier sur la fiscalité à Madagascar des expatriés français et notre analyse du budget retraite à Madagascar.
Les trois catégories ne sont pas imposables en France selon la grille
La notice indique « non » pour les trois catégories. Cela ne signifie ni absence d’impôt au Sénégal ni absence de déclaration locale. Notre guide sur la retraite au Sénégal replace cette règle dans le projet d’installation.
La binationalité peut transférer l’imposition de la pension publique
La pension publique française demeure en principe imposable en France. L’exception s’applique si le pensionné possède la nationalité ivoirienne, même s’il conserve également la nationalité française. Voir notre analyse de la retraite en Côte d’Ivoire.
La sécurité sociale française reste imposable en France
Cette différence impose de séparer les caisses avant toute simulation. Une pension privée hors sécurité sociale et une pension obligatoire française ne suivent pas la même règle. Notre guide sur la retraite en Guinée complète l’analyse sur le coût, la santé et les démarches.
Source du classement : annexe 1 « Pensions de retraite – imposition en fonction des pays » de la notice officielle 2041-E, millésime 2026. La mention « non imposable en France » ne dispense jamais de vérifier l’imposition et la déclaration dans l’État de résidence.
La destination ne suffit pas à déterminer le résultat fiscal
Le contraste entre l’Italie, le Sénégal et la Guinée montre pourquoi un classement général serait trompeur. Le même pays peut être favorable pour une pension privée et moins favorable pour une pension de sécurité sociale. La bonne unité d’analyse n’est pas seulement le pays : c’est le couple « catégorie de pension + convention applicable ».
Les erreurs fiscales à éviter avant de partir
Croire que 183 jours règlent tout
La résidence fiscale s’apprécie aussi avec le foyer, les intérêts personnels et économiques, le séjour habituel et la convention. Un simple décompte de jours ne remplace pas cette analyse.
Traiter toutes les pensions de la même manière
Une carrière mixte peut produire plusieurs pensions imposables dans des États différents. Une simulation globale sans ventilation par caisse peut conduire à un résultat faux.
Confondre pension publique et caisse publique
Le statut du débiteur ne suffit pas toujours. La convention s’intéresse à la nature des services antérieurs et peut contenir des qualifications particulières pour certains établissements ou certaines collectivités.
Oublier les exceptions de nationalité
Pour certaines pensions publiques, la nationalité unique ou la binationalité modifie l’État compétent. Le Portugal, l’Espagne et la Côte d’Ivoire n’appliquent pas exactement la même exception.
Confondre lieu d’imposition et lieu de déclaration
Le pays de résidence peut demander une déclaration des revenus mondiaux même lorsque la pension reste imposable en France. Il élimine ensuite la double imposition selon la méthode conventionnelle.
Confondre impôt et cotisations sociales
La CSG, la CRDS, la Casa et la cotisation maladie ne suivent pas automatiquement la règle d’imposition de la pension. L’accord de sécurité sociale doit être étudié séparément.
Utiliser le formulaire 2042-NR tous les ans par automatisme
La déclaration 2042-NR concerne notamment l’année du départ ou du retour pour répartir les revenus entre les périodes. Elle ne constitue pas une annexe annuelle systématique pour tous les retraités non-résidents.
Ne pas informer les caisses et les administrations
Une adresse ou une résidence fiscale mal enregistrée peut entraîner une retenue erronée, des justificatifs demandés tardivement ou une régularisation longue. Le changement doit être signalé et documenté.
Checklist avant de transférer sa résidence fiscale
- Dresser la liste de toutes les pensions, rentes et caisses françaises ou étrangères.
- Demander à chaque organisme la nature du régime et une estimation du montant brut annuel.
- Documenter le futur foyer, la durée de présence, la situation du conjoint et le centre des intérêts économiques.
- Lire la convention fiscale, son protocole, ses avenants et la grille de la notice 2041-E.
- Vérifier séparément l’accord de sécurité sociale et l’État compétent pour l’assurance maladie.
- Simuler l’impôt local et, pour les pensions restant taxables en France, la retenue à la source et l’effet éventuel du taux moyen.
- Contrôler les obligations déclaratives dans les deux États pendant l’année du départ et les années suivantes.
- Notifier la nouvelle adresse et la résidence fiscale aux caisses, banques, assureurs et administrations concernés.
- Conserver certificats de résidence, avis d’impôt, justificatifs de logement, relevés de pension et preuves de paiement.
- Faire valider les situations complexes : binationalité, carrière publique et privée, couple à résidence mixte, revenus immobiliers ou pensions provenant de plusieurs pays.
Mini FAQ sur les impôts d’une retraite à l’étranger
Une pension française versée à l’étranger est-elle toujours imposée en France ?
Non. Le compte bancaire et la nationalité de la caisse ne déterminent pas seuls l’imposition. La convention fiscale peut attribuer la pension au pays de résidence, à la France ou appliquer une règle différente selon qu’elle est publique, privée ou issue de la sécurité sociale.
Un retraité expatrié paie-t-il des impôts dans les deux pays ?
Il peut devoir déclarer dans les deux pays, mais une convention vise normalement à éviter qu’un même revenu supporte deux fois l’impôt définitif. L’État de résidence applique la méthode prévue : exemption, taux effectif ou crédit d’impôt.
Les pensions CNAV et Agirc-Arrco sont-elles imposées au même endroit ?
Pas nécessairement. Les régimes obligatoires sont classés comme pensions de sécurité sociale pour l’application de la notice 2041-E. La convention peut leur réserver un traitement différent de celui des pensions privées hors sécurité sociale.
La règle des 183 jours suffit-elle pour devenir non-résident fiscal ?
Non. Le foyer, le centre des intérêts économiques, l’activité éventuelle et les critères de la convention comptent aussi. Une personne peut passer plus de six mois hors de France tout en restant fiscalement rattachée à la France selon les faits.
Un retraité non-résident paie-t-il encore la CSG et la CRDS ?
En principe, une personne dont la résidence fiscale n’est plus en France ne supporte pas la CSG, la CRDS ni la Casa sur sa retraite versée à l’étranger. Une cotisation d’assurance maladie peut toutefois s’appliquer selon la couverture et les droits ouverts.
La déclaration 2042-NR doit-elle être déposée chaque année ?
Non, pas automatiquement. Elle est notamment utilisée l’année du départ ou du retour pour déclarer les revenus français imposables correspondant à une partie de l’année. Les autres obligations dépendent ensuite des revenus qui restent imposables en France.
Conclusion : commencez par qualifier vos pensions, pas par choisir un pays
La fiscalité d’une retraite à l’étranger ne se résume pas à une liste de destinations avantageuses. La réponse résulte d’un enchaînement précis : établir la résidence fiscale, ventiler chaque pension entre public, privé hors sécurité sociale et sécurité sociale, appliquer la convention, puis vérifier les prélèvements sociaux, la couverture maladie et les obligations déclaratives.
Cette méthode explique pourquoi le Portugal, l’Italie, l’Espagne, Madagascar, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Guinée ne traitent pas de la même façon une pension française. Elle explique également pourquoi deux retraités installés dans un même pays peuvent avoir des obligations différentes. Avant tout transfert de résidence, la simulation doit donc être réalisée pension par pension et complétée par l’analyse des autres revenus, du patrimoine immobilier et de la situation familiale.
Sources principales : Direction générale des Finances publiques, notice officielle 2041-E millésime 2026, BOFiP, Assurance retraite et Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.
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Contenu informatif ne constituant pas un conseil fiscal, juridique ou patrimonial personnalisé. Les conventions, barèmes et règles sociales peuvent évoluer. Vérifiez toujours votre situation auprès des administrations compétentes et d’un professionnel qualifié avant toute décision.