La fiscalité au Portugal en 2026 a profondément changé depuis la fin du régime des résidents non habituels (RNH), et beaucoup de Français préparent encore leur expatriation sur des informations périmées. Entre l’IRS progressif, les nouvelles règles sur l’immobilier des non-résidents et le nouveau régime IFICI instauré après la disparition du RNH, le paysage fiscal portugais de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec celui qui a fait la réputation du pays dans les années 2010. Ce guide fait le point, poste par poste : revenus, immobilier, retraite, location, et démarches concrètes pour déclarer sans erreur.
Avant d’entrer dans le détail : cet article donne une vision d’ensemble. Si votre situation est spécifiquement celle d’un retraité ou que vous cherchez uniquement à savoir à partir de quand vous basculez en résidence fiscale portugaise, deux articles plus ciblés existent déjà sur ce site et sont cités plus bas où ils sont pertinents, plutôt que de tout répéter ici.
Fiscalité et immobilier : anticipez avant d’investir en Europe
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Recevoir les analyses ImmoConnexionComprendre la fiscalité au Portugal en 2026 : les bases pour les expatriés
Avant de parler de taux et de tranches, il faut clarifier une question que beaucoup zappent : qui paie quoi, et sur quels revenus. Le Portugal impose ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux (salaires, pensions, revenus fonciers, plus-values, où qu’ils soient perçus dans le monde). Les non-résidents, eux, ne sont imposés au Portugal que sur leurs revenus de source portugaise, selon des règles propres à chaque catégorie de revenus (souvent des taux forfaitaires plutôt que le barème progressif).
Qui est concerné par la fiscalité au Portugal ?
Trois profils reviennent le plus souvent chez les Français qui s’installent : le salarié ou freelance qui travaille depuis le Portugal, le retraité qui y transfère sa pension, et l’investisseur qui achète un bien sans forcément y résider. Chacun relève d’un régime fiscal différent, et confondre les trois est l’erreur la plus fréquente qu’on observe dans les dossiers mal préparés.
Résident fiscal ou non-résident : quelle différence concrète ?
La règle de base est la présence physique : plus de 183 jours cumulés au Portugal sur une période de douze mois vous rend résident fiscal, quelle que soit votre nationalité. Il existe aussi un critère de logement habituel qui peut déclencher la résidence fiscale même en dessous de ce seuil, si vous disposez d’une habitation au Portugal laissant supposer l’intention d’y résider de façon habituelle. C’est un point technique qui mérite un traitement à part entière : la résidence fiscale au Portugal répond en détail à la question « à partir de quand suis-je résident fiscal, et qu’est-ce que ça change avec la convention franco-portugaise ». Ici, on part du principe que le statut est déjà déterminé et on regarde ce que vous payez concrètement.
L’impôt sur le revenu (IRS) au Portugal en 2026 : barème et calcul
L’IRS (Imposto sobre o Rendimento das Pessoas Singulares) est l’équivalent portugais de l’impôt sur le revenu français. Contrairement à la France, il n’existe pas de tranche à 0 % : l’imposition démarre dès le premier euro, avec un système d’abattements qui compense en partie ce point de départ plus dur.
Le barème 2026 pour le Portugal continental conserve une structure à neuf tranches progressives, de 12,5 % à 48 %. Contrairement à ce qu’on lit parfois, les seuils exacts sont connus et publiés : voici le barème en vigueur.
Barème de l’impôt sur le revenu au Portugal en 2026
Le barème de l’IRS est progressif : chaque taux marginal ne s’applique qu’à la fraction de revenu située dans la tranche correspondante.
Tranche 1
Jusqu’à 8 342 €
12,5 %
Tranche 2
8 342 € à 12 587 €
15,7 %
Tranche 3
12 587 € à 17 838 €
21,2 %
Tranche 4
17 838 € à 23 089 €
24,1 %
Tranche 5
23 089 € à 29 397 €
31,1 %
Tranche 6
29 397 € à 43 090 €
34,9 %
Tranche 7
43 090 € à 46 566 €
43,1 %
Tranche 8
46 566 € à 86 634 €
44,6 %
Tranche 9
Au-delà de 86 634 €
48 %
Comment fonctionne réellement le calcul de l’IRS au Portugal ?
Comme en France, le principe est progressif : seule la fraction de revenu qui dépasse un seuil est taxée au taux supérieur, pas la totalité du revenu. Une taxe additionnelle de solidarité s’ajoute par ailleurs pour les hauts revenus : 2,5 % sur la tranche comprise entre 80 000 € et 250 000 €, puis 5 % au-delà. Les couples mariés ou pacsés peuvent opter pour l’imposition conjointe, avec un mécanisme de quotient qui rappelle le quotient familial français, mais limité à deux parts. Ces seuils sont réévalués chaque année : vérifiez le barème en vigueur sur le portail officiel des Finanças avant toute simulation définitive.
Le régime IFICI après la fin du RNH
Le régime des résidents non habituels (RNH), fermé aux nouvelles demandes depuis fin 2023, offrait une exonération quasi totale sur les revenus de source étrangère pendant dix ans. Son remplaçant, l’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), est nettement plus sélectif : il cible les professions à haute valeur ajoutée dans la recherche, la technologie et l’innovation, avec un taux forfaitaire de 20 % sur les revenus professionnels portugais éligibles pendant dix ans.
Contrairement au RNH, qui accueillait largement les retraités, l’IFICI cible en priorité l’activité professionnelle. Les revenus de source étrangère bénéficient en principe d’une exonération sous ce régime, mais cette exonération exclut expressément les revenus de catégorie H du code de l’IRS portugais — la catégorie qui regroupe précisément les pensions de retraite. L’IFICI ne doit donc pas être présenté comme le successeur du RNH pour les retraités : ce n’est pas ce pour quoi il a été conçu. Le détail des conditions et des catégories concernées figure dans la FAQ officielle de l’Autoridade Tributária sur l’IFICI.
Fiscalité immobilière au Portugal : IMI, IMT, droit de timbre et plus-values
C’est le poste qui surprend le plus les acheteurs français, parce qu’il empile plusieurs taxes différentes à des moments différents du cycle de vie d’un bien.
L’IMT, la taxe payée une seule fois à l’achat
L’IMT (Imposto Municipal sobre Transmissões Onerosas de Imóveis) est due par l’acheteur lors de la signature de l’acte. Pour les résidents achetant leur résidence principale, elle suit un barème progressif selon la valeur du bien, avec des exonérations pour les moins de 35 ans jusqu’à environ 330 000 €.
Pour les non-résidents, le Decreto-Lei n.º 97/2026, publié le 20 mai 2026 au Diário da República, introduit un taux forfaitaire de 7,5 % sur l’achat d’un bien à usage exclusivement résidentiel, avec deux exceptions prévues par le texte : devenir résident fiscal portugais dans les deux ans suivant l’achat, ou mettre le bien en location résidentielle à loyer modéré pendant au moins 36 mois.
Point important à la date de rédaction de cet article (8 août 2026) : cette mesure est publiée et juridiquement actée, mais son entrée en vigueur est fixée au 1er septembre 2026 selon la majorité des sources spécialisées portugaises consultées. Si votre achat se situe autour de cette date, vérifiez le régime exactement applicable au jour de la signature.
L’IMI, la taxe foncière annuelle
L’IMI (Imposto Municipal sobre Imóveis) se paie chaque année et varie entre 0,3 % et 0,45 % de la valeur patrimoniale taxable (VPT) pour un bien urbain à usage résidentiel, ce taux étant fixé commune par commune. Point important à ne pas négliger : la VPT n’est pas le prix de marché du bien, elle résulte d’un calcul administratif propre à l’administration fiscale portugaise et peut donc être sensiblement différente du prix effectivement payé. Demandez systématiquement la VPT exacte avant de calculer votre IMI prévisionnel.
Le droit de timbre et l’AIMI
L’Imposto de Selo (droit de timbre) s’applique à 0,8 % de la valeur retenue pour le calcul de l’IMT. En présence d’un crédit immobilier, d’autres droits de timbre spécifiques au financement peuvent également s’appliquer, avec un calcul propre qui dépend notamment de la durée du prêt — ne partez pas du principe d’un simple taux additionnel fixe. Les propriétaires de biens de forte valeur peuvent aussi être redevables de l’AIMI, un impôt complémentaire annuel qui vise les patrimoines immobiliers élevés, avec des taux progressifs pouvant atteindre 1,5 % sur les fractions les plus importantes — un sujet qui rejoint plus largement la taxe foncière en Europe et la manière dont chaque pays taxe la propriété différemment.
La plus-value immobilière à la revente
Depuis la réforme d’équité fiscale, résidents et non-résidents sont désormais traités de la même façon à la revente : 50 % de la plus-value nette est intégrée au revenu imposable et soumise au barème progressif de l’IRS. Le taux final dépend donc de l’ensemble de vos revenus de l’année, pas seulement du montant de la plus-value : impossible de donner un taux effectif générique sans connaître votre situation complète. Les frais d’acquisition, commissions d’agence et travaux de valorisation récents viennent en déduction du gain, et un réinvestissement dans une résidence principale peut ouvrir droit à une exonération totale. Pour une vision comparée avec le reste du continent, la fiscalité immobilière en Europe aide à situer le Portugal par rapport à ses voisins.
La fiscalité peut changer la rentabilité d’un investissement
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Recevoir les analyses ImmoConnexionFiscalité des retraités et des revenus de pension au Portugal
Avec la fin du RNH pour les nouveaux arrivants, le Portugal ne constitue plus une optimisation fiscale automatique pour un retraité français. La fiscalité applicable dépend notamment de la nature exacte de la pension et des dispositions de la convention fiscale franco-portugaise : une pension privée, une pension de sécurité sociale et une pension publique ne doivent pas être assimilées automatiquement. Comme vu plus haut, l’IFICI ne reproduit pas non plus l’ancien avantage du RNH pour les pensions étrangères, celles-ci relevant de la catégorie H exclue de l’exonération générale. Pour ne pas dupliquer ici une analyse technique qui mérite mieux qu’un paragraphe, la fiscalité retraité Portugal détaille séparément chaque type de pension et les règles conventionnelles, et la retraite au Portugal couvre le budget global au-delà du seul volet fiscal.
Investir et louer au Portugal : fiscalité des revenus locatifs
Les revenus locatifs issus d’un bail résidentiel classique sont en principe soumis à un taux autonome de 25 %. Pour les contrats de location constituant la résidence permanente du locataire, ce taux baisse selon la durée de l’engagement : 15 % pour un contrat de 5 à moins de 10 ans, 10 % pour 10 à moins de 20 ans, et 5 % pour 20 ans ou plus, sous réserve du respect des conditions légales. Une option pour l’englobement existe aussi : intégrer les loyers à vos autres revenus et les taxer au barème progressif, intéressant si votre tranche marginale est basse.
La location courte durée (Alojamento Local) relève d’un régime différent, avec enregistrement obligatoire et fiscalité spécifique selon que vous êtes en entreprise individuelle ou en société. Si votre projet est avant tout un projet de rendement plutôt qu’un projet de vie, l’analyse de rentabilité mérite d’être posée à part : investir au Portugal traite spécifiquement du rendement net réel et des zones à surveiller en 2026.
Convention fiscale France-Portugal : éviter la double imposition
La convention fiscale entre la France et le Portugal, signée en 1971, répartit le droit d’imposer entre les deux États selon la nature du revenu : salaires, pensions privées, pensions publiques, revenus fonciers et plus-values ne suivent pas la même règle. L’objectif est d’éviter qu’un même revenu soit taxé deux fois, via un mécanisme de crédit d’impôt ou d’exonération selon les cas. En pratique, c’est souvent là que les erreurs coûtent le plus cher : mal déclarer sa résidence fiscale, oublier une case sur le formulaire français, ou mal interpréter quel État a le droit d’imposer un type de revenu précis.
Pour les situations qui touchent plusieurs pays européens à la fois plutôt qu’un choix binaire France-Portugal, deux comparatifs aident à visualiser les écarts réels : Italie ou Portugal et Espagne ou Portugal mettent en regard fiscalité, immobilier et coût de la vie sans partir d’un a priori sur la meilleure destination.
Déclarer ses impôts au Portugal : démarches et calendrier
Toute personne fiscalement domiciliée au Portugal doit obtenir un NIF (Número de Identificação Fiscal), équivalent du numéro fiscal français, avant même de signer un bail ou d’ouvrir un compte bancaire. La déclaration annuelle de revenus se fait en ligne sur le Portal das Finanças, généralement entre avril et juin pour les revenus de l’année précédente, même lorsque l’impôt est déjà prélevé à la source sur les salaires. Le portail e-fatura centralise par ailleurs les factures déductibles (santé, éducation, logement) qui viennent réduire votre impôt final, un système auquel beaucoup de nouveaux résidents ne pensent pas à s’inscrire dès leur arrivée.
Si votre installation implique aussi des démarches de visa, le visa D7 Portugal détaille les revenus minimums exigés et le calendrier administratif à anticiper avant la partie purement fiscale.
Questions fréquentes sur la fiscalité au Portugal
Puis-je devoir payer des impôts au Portugal tout en restant résident fiscal français ?
Oui. Un non-résident peut être imposable au Portugal sur certains revenus de source portugaise, un appartement loué à Lisbonne par exemple, même en restant résident fiscal français par ailleurs. La convention fiscale franco-portugaise détermine ensuite quel État a le droit d’imposer chaque type de revenu, et le mécanisme permettant d’éviter une double imposition.
Le régime IFICI remplace-t-il complètement les avantages de l’ancien NHR ?
Non. L’IFICI conserve un taux réduit de 20 % sur les revenus professionnels éligibles, mais il cible des profils précis (recherche, technologie, innovation) et n’offre plus l’accès large qu’avait le RNH, notamment pour les retraités passifs.
Les retraités français bénéficient-ils encore d’un avantage fiscal au Portugal ?
Pas automatiquement. L’avantage large qu’offrait le RNH aux retraités a disparu avec la fin de ce régime pour les nouveaux arrivants. Son remplaçant, l’IFICI, cible des professions qualifiées et exclut explicitement les pensions (catégorie H) de son exonération sur les revenus étrangers : ce n’est pas un dispositif pensé pour les retraités.
Combien coûte l’IMT à l’achat d’un bien pour un non-résident en 2026 ?
Le Decreto-Lei n.º 97/2026 introduit un taux de 7,5 % pour certaines acquisitions résidentielles réalisées par des non-résidents, sous réserve des exceptions prévues par le texte (devenir résident dans les deux ans, ou location résidentielle à loyer modéré). La mesure doit entrer en vigueur en septembre 2026 selon la majorité des sources spécialisées : vérifiez impérativement les règles applicables à la date exacte de votre acquisition, surtout si la signature se situe autour de cette période.
Comment éviter d’être imposé deux fois entre la France et le Portugal ?
En s’appuyant sur la convention fiscale de 1971, qui attribue le droit d’imposer selon le type de revenu, et en déclarant correctement sa résidence fiscale dans les deux pays. Un contrôle par un conseiller fiscal bilatéral reste recommandé la première année, où la majorité des erreurs se produisent.
Vous avez maintenant les règles fiscales essentielles. Reste à prendre les bonnes décisions.
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Recevoir les analyses ImmoConnexionCe qu’il faut retenir de la fiscalité au Portugal en 2026
Le Portugal reste un pays fiscalement lisible, mais il n’offre plus les avantages fiscaux particulièrement favorables qui ont contribué à son attractivité pendant la décennie du RNH. L’IRS progressif jusqu’à 48 %, un IMT en pleine réforme pour les non-résidents, un régime IFICI réservé à des profils qualifiés : la fiscalité au Portugal en 2026 récompense ceux qui préparent leur dossier en amont, pas ceux qui arrivent avec les réflexes d’il y a dix ans. Avant toute décision engageante, la vérification des taux et seuils en vigueur directement sur le Portal das Finanças reste le réflexe le plus simple pour éviter une mauvaise surprise.
Pour aller plus loin (sources officielles)
- Portal das Finanças — portail officiel de l’administration fiscale portugaise
- impots.gouv.fr — administration fiscale française, conventions fiscales internationales
- France Diplomatie — fiches pays et démarches pour les Français établis à l’étranger
ImmoConnexion — LA RESSOURCE NUMÉRO 1 SUR L’INVESTISSEMENT IMMOBILIER EN EUROPE ET LES COMPARATIFS AFRIQUE VS EUROPE.
Analyses basées sur des sources officielles et institutionnelles, notamment l’Autoridade Tributária e Aduaneira (Portal das Finanças), le Diário da República, l’administration fiscale française et les conventions fiscales internationales applicables.
Avertissement
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique, patrimonial ou immobilier personnalisé. Les règles fiscales pouvant évoluer et dépendre de votre situation personnelle, vérifiez les dispositions applicables auprès des administrations compétentes ou d’un professionnel qualifié avant toute décision.

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