La fiscalité Sénégal pour les Français peut être plus avantageuse que celle de la France dans certaines situations, mais elle n’est jamais automatique. Votre résidence fiscale, la nature de vos revenus et la convention fiscale franco-sénégalaise déterminent où vous êtes réellement imposable — et beaucoup d’expatriés découvrent trop tard qu’ils restent imposables en France, même installés à Dakar depuis plusieurs années. Cet article démonte les idées reçues, explique ce que dit vraiment la convention fiscale, et liste les erreurs qui coûtent cher.
À retenir
- La résidence fiscale détermine où vous êtes imposable — et elle ne bascule pas automatiquement.
- La convention fiscale France–Sénégal (1974) limite les risques de double imposition mais ne les supprime pas tous.
- Les revenus immobiliers suivent des règles spécifiques selon le pays de localisation du bien.
- Les retraites publiques et privées ne sont pas imposées de la même façon — distinction fondamentale à connaître.
- Une stratégie patrimoniale construite avec un expert reste indispensable avant toute expatriation.
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La fiscalité ne doit jamais être étudiée isolément. Avant toute expatriation, comparez également la sécurité juridique, la stabilité politique, les conventions fiscales, la protection du patrimoine et la qualité du marché immobilier local. Ces facteurs pèsent autant que le taux d’imposition dans la durée.
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Ce que le Sénégal taxe réellement — et ce qu’il ne taxe pas
Le système fiscal sénégalais repose sur le Code général des impôts (CGI), administré par la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), rattachée au Ministère des Finances et du Budget du Sénégal. Contrairement à une idée reçue, le Sénégal applique bien un impôt sur le revenu des personnes physiques : l’IRPP.
L’IRPP fonctionne sur un barème progressif par tranches, similaire dans son principe au barème français. La différence est que les tranches sénégalaises sont exprimées en FCFA — et que, pour la majorité des expatriés percevant des revenus de source étrangère, l’assiette effectivement imposable au Sénégal peut rester limitée, sous réserve d’être bien établi comme résident fiscal local.
Ce que le Sénégal ne taxe généralement pas :
- Les plus-values mobilières pour les personnes physiques non-résidentes (dans la majorité des cas)
- Les patrimoines : il n’existe pas d’équivalent à l’IFI français
- Certaines successions en ligne directe, selon la configuration patrimoniale
Ces absences sont réelles mais doivent être lues avec prudence : selon votre profil et votre résidence fiscale, la France peut conserver un droit d’imposition sur certains de ces éléments en vertu de sa propre législation.
Le barème de l’IRPP sénégalais
Le barème progressif de l’IRPP applicable aux revenus des personnes physiques résidentes, selon les dispositions du Code général des impôts sénégalais en vigueur au moment de la rédaction de cet article, est le suivant :
Tranche de revenu annuel imposable
0 à 630 000 FCFA
0 %
Tranche de revenu annuel imposable
630 001 à 1 500 000 FCFA
20 %
Tranche de revenu annuel imposable
1 500 001 à 4 000 000 FCFA
30 %
Tranche de revenu annuel imposable
4 000 001 à 8 000 000 FCFA
35 %
Tranche de revenu annuel imposable
Au-delà de 8 000 000 FCFA
40 %
Source : Code général des impôts du Sénégal (DGID). Ces tranches sont susceptibles d’évoluer à chaque loi de finances. Vérifiez les dispositions en vigueur avant toute décision patrimoniale.
Pour contextualiser : 8 millions de FCFA représentent environ 12 200 € annuels au taux de change courant (1 € ≈ 655 FCFA). La tranche à 40 % démarre donc à un niveau de revenus annuels qui peut paraître bas — mais le taux effectif global reste bien inférieur au taux marginal, grâce au mécanisme de progressivité par tranches et aux abattements applicables.
⚠️ Attention à la lecture brute du barème. Le taux marginal s’applique uniquement à la part de revenu qui dépasse le seuil de la tranche, pas à l’ensemble du revenu. Un revenu annuel de 15 millions de FCFA (environ 22 900 €) génère un impôt effectif nettement inférieur à 40 %. Les abattements pour charges de famille réduisent encore l’assiette. Toujours raisonner en taux effectif, jamais en taux marginal seul.
Résidence fiscale au Sénégal : quand bascule-t-on vraiment ?
C’est ici que la plupart des Français commettent leur première erreur : ils pensent que louer un appartement à Dakar et y passer quelques mois suffit à devenir résident fiscal sénégalais. Ce n’est pas aussi simple — ni d’un côté, ni de l’autre.
Le droit sénégalais retient la résidence fiscale selon trois critères principaux :
- Avoir son domicile permanent au Sénégal
- Y séjourner plus de 183 jours par an (calendaire)
- Y avoir le centre de ses intérêts économiques principaux
Ces critères peuvent être établis alternativement. En pratique, c’est le seuil des 183 jours qui est le plus souvent invoqué.
Du côté français, l’article 4 B du Code général des impôts prévoit qu’un individu reste résident fiscal français s’il y conserve :
- Son foyer d’habitation permanent, ou
- Son activité professionnelle principale, ou
- Le centre de ses intérêts économiques.
Ces critères s’apprécient indépendamment du nombre de jours passés à l’étranger. Il suffit d’un seul critère français pour maintenir la résidence fiscale en France.
Êtes-vous encore résident fiscal français ?
Répondez à ces questions dans l’ordre. Si vous répondez “Oui” à l’une des trois premières, il est probable que la France conserve votre résidence fiscale.
1️⃣ Votre foyer familial est-il resté en France ?
Oui → Vous êtes probablement toujours résident fiscal français.
Le foyer (conjoint, partenaire, enfants) constitue l’un des principaux critères retenus par l’administration fiscale.
2️⃣ Votre activité principale est-elle exercée en France ?
Oui → Une analyse approfondie est nécessaire.
L’administration examine le lieu où vous exercez réellement votre activité professionnelle.
3️⃣ Vos principaux revenus proviennent-ils de France ?
Oui → Votre centre d’intérêts économiques peut rester situé en France.
Les revenus immobiliers, dividendes ou pensions peuvent influencer votre résidence fiscale.
4️⃣ Vous vivez plus de 183 jours par an au Sénégal ?
Oui → Vous pouvez relever de la résidence fiscale sénégalaise, sous réserve d’une analyse complète de votre situation.
⚠️ Cet arbre est indicatif. Chaque situation est unique. Il ne remplace pas l’analyse d’un avocat fiscaliste spécialisé en mobilité internationale.
La convention fiscale franco-sénégalaise : ce qu’elle dit vraiment
La France et le Sénégal ont signé une convention fiscale bilatérale en 1974 (modifiée depuis), dont le texte est consultable sur Légifrance. Elle vise à éviter la double imposition — que vous ne soyez pas taxé deux fois sur le même revenu dans les deux pays à la fois.
Concrètement, la convention attribue le droit d’imposition selon la nature du revenu :
- Retraites versées par des organismes publics français (fonctionnaires, militaires) : imposables en France, même si vous vivez au Sénégal.
- Retraites du secteur privé : imposables en principe dans l’État de résidence fiscale — donc au Sénégal si vous y êtes réellement établi.
- Revenus fonciers de biens situés en France : imposables en France.
- Dividendes : régime mixte, retenue à la source possible côté sénégalais, crédit d’impôt côté français.
- Salaires : en principe imposables dans l’État où s’exerce l’activité.
⚠️ Le piège classique : un fonctionnaire retraité qui s’installe à Dakar en pensant sortir du système fiscal français. La convention prévoit explicitement que les pensions publiques restent imposables en France, quel que soit le pays de résidence. Ce n’est pas une nuance d’interprétation — c’est écrit noir sur blanc dans le texte de la convention.
Pour comparer avec d’autres fiscalités africaines, consultez les analyses sur la fiscalité à Madagascar pour les expatriés français et sur la fiscalité à Maurice.
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Fiscalité Sénégal vs France : quelles différences pour un expatrié ?
Le tableau ci-dessous compare les deux systèmes sur les principaux postes fiscaux concernant un expatrié français. Ces données sont indicatives et dépendent de la situation individuelle — elles ne remplacent pas une analyse personnalisée.
Les principales différences fiscales entre la France et le Sénégal
| Critère fiscal | France | Sénégal |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Barème progressif de 0 % à 45 %. Prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus du capital. | Barème progressif de 0 % à 40 %. Pas de prélèvements sociaux équivalents sur les revenus du capital pour les non-salariés. |
| Résidence fiscale | Art. 4 B CGI : foyer, activité principale, centre d’intérêts économiques. | Domicile permanent, 183 jours/an, ou centre d’intérêts économiques au Sénégal. |
| Revenus locatifs | Régime foncier : jusqu’à 45 % + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux effectif pouvant dépasser 60 % pour les hauts revenus). | IRPP sur revenus fonciers ou contribution foncière spécifique. Le montant dépend du régime applicable et de la situation du contribuable. |
| Plus-value immobilière | 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 % (avant abattements pour durée de détention). Exonération résidence principale. | Le montant dépend du régime applicable et de la situation du contribuable (résident ou non-résident). Exonération possible pour la résidence principale. |
| Droits de succession | Entre 5 % et 45 % selon le lien de parenté, après abattements. Abattement en ligne directe : 100 000 € par parent et par enfant. | Les successions en ligne directe bénéficient de conditions plus avantageuses. Toutefois, si des biens sont situés en France, le droit successoral français peut s’appliquer. |
| Impôt sur la fortune | IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : 0,5 % à 1,5 % au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net. | Pas d’équivalent à l’IFI. Aucun impôt général sur le patrimoine. |
| Convention fiscale | Convention bilatérale France–Sénégal de 1974 (modifiée). Répartit le droit d’imposition selon la nature du revenu. Consulter Légifrance pour le texte complet. | |
| Obligations déclaratives | Déclaration annuelle obligatoire. Comptes étrangers à déclarer via formulaire 3916. Sanction : 1 500 € par compte non déclaré. | Déclaration IRPP annuelle si résident fiscal sénégalais. Délais et modalités à vérifier directement auprès de la DGID (Direction générale des Impôts et des Domaines du Sénégal). |
Fiscalité immobilière au Sénégal pour les Français
L’immobilier est souvent la première raison qui pousse un Français à s’intéresser à la fiscalité sénégalaise. Investir au Sénégal attire — les prix d’entrée sont inférieurs à ceux de nombreux marchés européens, et la demande locative dans les quartiers recherchés de Dakar reste soutenue.
Mais la fiscalité immobilière sénégalaise comporte plusieurs couches qu’il faut bien distinguer.
Les taxes à l’achat
Lors de l’acquisition d’un bien immobilier bâti ou d’un terrain avec titre foncier, les frais à prévoir incluent :
- Droits d’enregistrement : taux fixé par le CGI sénégalais sur la valeur vénale du bien, applicable aux immeubles bâtis et aux terrains. Le montant exact dépend du régime applicable et doit être confirmé auprès du notaire ou de la DGID au moment de l’acte.
- Frais de notaire : de l’ordre de 2 à 3 % — à confirmer avec un notaire local car les émoluments varient
- Frais de bornage et de publication foncière : coûts variables selon la superficie et la localisation
Pour les étrangers, la vigilance sur le statut juridique du bien est fondamentale. Un bien sans titre foncier expose à des risques juridiques réels, comme le détaille l’article sur l’achat de terrain au Sénégal. Voir aussi Dakar ou Saly : où investir pour comparer les marchés.
La contribution foncière des propriétés bâties (CFPB)
Le Sénégal applique la CFPB sur les propriétés bâties. Les éléments clés :
- Le taux et l’assiette sont fixés par le CGI sénégalais sur la base de la valeur locative cadastrale annuelle du bien
- Un abattement est prévu pour la résidence principale occupée par le propriétaire ; son taux exact est à confirmer auprès de la DGID, les dispositions pouvant évoluer
- La valeur locative cadastrale est souvent en décalage avec les loyers réels du marché, ce qui limite mécaniquement l’assiette taxable dans de nombreux cas
L’imposition des revenus locatifs
Les revenus locatifs perçus au Sénégal entrent dans le champ de l’IRPP ou peuvent relever d’un régime de contribution foncière spécifique selon la configuration. Le montant effectivement dû dépend du régime applicable, du montant des loyers et de la situation personnelle du contribuable. Les modalités sont fixées par le CGI sénégalais et peuvent évoluer à chaque loi de finances — à vérifier auprès d’un praticien local avant tout investissement locatif.
Si vous êtes encore résident fiscal français : ces revenus locatifs sénégalais entrent dans votre revenu mondial déclarable en France. La convention franco-sénégalaise prévoit un mécanisme de crédit d’impôt pour éviter la double imposition — mais la déclaration est obligatoire.
La plus-value immobilière à la revente
En cas de revente, selon le CGI sénégalais :
- Résidents fiscaux : le montant dépend du régime applicable et de la situation du contribuable, avec une exonération possible pour la résidence principale sous conditions définies par le CGI sénégalais
- Non-résidents : des modalités spécifiques s’appliquent selon le CGI sénégalais — le taux et les conditions exactes sont à confirmer auprès d’un notaire ou fiscaliste local, car ils peuvent varier selon le type de bien et la convention fiscale applicable
Si vous êtes résident fiscal français au moment de la revente, la plus-value doit également être déclarée en France. La convention fiscale détermine laquelle des deux impositions s’applique en priorité — et le crédit d’impôt évite la double taxation.
| Type de taxation | Taux ou montant Sénégal | Remarque |
|---|---|---|
| Droits d’enregistrement à l’achat | Selon CGI en vigueur | Sur la valeur vénale — taux à confirmer auprès de la DGID |
| Frais de notaire | ≈ 2–3 % | Émoluments variables — confirmer localement |
| CFPB (taxe foncière annuelle) | Selon CGI en vigueur | Abattement résidence principale possible — taux à confirmer |
| Revenus locatifs (IRPP) | Variable | Dépend du régime, des abattements et du profil — à vérifier dans le CGI |
| Plus-value immobilière (résident) | Selon CGI en vigueur | Exonération résidence principale possible sous conditions |
| Plus-value immobilière (non-résident) | Selon CGI en vigueur | Modalités spécifiques — consulter un praticien local |
TVA, cotisations sociales et charges pour les indépendants français
Si vous exercez une activité professionnelle au Sénégal — freelance, consultant, entrepreneur — plusieurs éléments s’ajoutent.
TVA : Le taux standard au Sénégal est de 18 %, identique à la TVA française de référence. Les régimes d’imposition varient selon le chiffre d’affaires :
- Régime du réel normal au-delà de certains seuils (autour de 50 millions de FCFA, soit environ 76 000 € — à vérifier car les seuils peuvent être actualisés par loi de finances)
- Régime simplifié en dessous de ces seuils
Protection sociale : Le Sénégal dispose de l’IPRES (retraite) et de la CSS (santé et accidents du travail). Les travailleurs indépendants étrangers ne sont pas automatiquement affiliés. Conséquence pratique : il faut anticiper une couverture complémentaire — assurance privée internationale ou maintien de cotisations volontaires côté français.
Pour une comparaison globale du cadre disponible pour les indépendants en Europe et en Afrique, voir les meilleurs pays pour un freelance en 2026. Les revenus européens à Madagascar offrent aussi une perspective intéressante via l’article revenu européen à Madagascar.
Les 5 erreurs fiscales les plus coûteuses des Français au Sénégal
1. Croire que la rupture fiscale avec la France est automatique
Partir vivre à Dakar ne vous retire pas automatiquement du rôle des contribuables français. Il faut :
- Déclarer son départ à l’administration fiscale française (formulaire de changement d’adresse)
- Déposer une déclaration de revenus de l’année de départ
- S’assurer que vous répondez effectivement aux critères de résidence fiscale sénégalaise
Si vous continuez à avoir votre foyer familial en France, vos comptes bancaires principaux, votre patrimoine immobilier principal — vous restez vraisemblablement résident fiscal français, quelles que soient vos intentions. La notice DGFiP sur l’installation à l’étranger décrit ces obligations.
2. Négliger les obligations déclaratives françaises sur les comptes étrangers
Tout résident fiscal français qui ouvre un compte bancaire au Sénégal doit le déclarer à l’administration française via le formulaire 3916. Sanctions en cas d’oubli :
- 1 500 € par compte non déclaré (État coopératif comme le Sénégal)
- 10 000 € par compte si l’État est non coopératif
3. Confondre le titre foncier et le bail emphytéotique
C’est une erreur avant tout juridique, mais elle a des conséquences fiscales directes. Sans titre foncier, la revente est complexe, la plus-value difficile à établir, et la transmission patrimoniale risquée. L’article sur l’achat de terrain au Sénégal détaille ces risques.
4. Oublier de déclarer les revenus locatifs sénégalais en France
Si vous louez un bien au Sénégal et restez résident fiscal français, ces loyers s’intègrent à votre revenu mondial imposable en France. La convention franco-sénégalaise prévoit un crédit d’impôt pour éviter la double imposition — mais l’oubli de déclaration constitue une irrégularité fiscale, pas une économie d’impôt.
5. Sous-estimer les délais administratifs pour changer de résidence fiscale
Le changement de résidence fiscale n’est pas instantané. En cas de départ en cours d’année :
- Vous restez imposable en France sur vos revenus mondiaux jusqu’à la date de départ
- Une déclaration spécifique de départ est à déposer
- La première année génère souvent des situations mixtes à déclarer dans les deux pays
Avant votre départ : les 6 étapes fiscales à suivre
Pour limiter les erreurs listées plus haut, une expatriation fiscalement sécurisée suit généralement cette logique :
- Vérifier sa situation de résidence fiscale au regard des critères français (article 4 B du CGI) et sénégalais, en s’appuyant sur l’arbre de décision présenté plus haut.
- Informer l’administration fiscale française de son départ et déposer la déclaration de revenus correspondant à l’année du transfert.
- Vérifier les dispositions de la convention fiscale franco-sénégalaise applicables à chaque catégorie de revenus (retraite, salaires, revenus fonciers, dividendes).
- Déclarer tout compte bancaire ouvert au Sénégal via le formulaire 3916, dès l’ouverture du compte et chaque année tant que la résidence fiscale française n’est pas définitivement levée.
- Réunir les justificatifs de résidence sénégalaise : bail ou titre de propriété, factures, attestations de séjour, contrats de travail le cas échéant.
- Faire valider sa stratégie patrimoniale par un fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé en mobilité internationale, avant toute opération immobilière ou tout changement de résidence fiscale.
Un cas concret pour illustrer le raisonnement
Prenons un retraité du secteur privé qui envisage de s’installer durablement à Dakar. Trois questions déterminent sa situation, indépendamment du montant de sa pension :
- Sa pension provient-elle d’un régime public (fonction publique, armée) ou privé ? Dans le premier cas, elle reste imposable en France quel que soit son lieu de résidence ; dans le second, l’imposition peut basculer vers l’État de résidence effective.
- Son foyer familial et son patrimoine principal sont-ils restés en France ? Si oui, il reste vraisemblablement résident fiscal français, même avec un logement et une présence effective au Sénégal.
- A-t-il effectivement rompu sa résidence fiscale française selon les critères de l’article 4 B du CGI, et dépasse-t-il le seuil des 183 jours de présence au Sénégal ?
Le montant exact de l’impôt dépendra ensuite des barèmes en vigueur au moment de la perception des revenus — c’est précisément pourquoi ce raisonnement par critères, plutôt qu’un calcul chiffré figé, reste la seule approche fiable dans le temps. Le même schéma s’applique à un investisseur qui acquiert un bien locatif au Sénégal : ce n’est pas le montant de l’achat qui détermine la fiscalité applicable, mais sa résidence fiscale, la nature du bien et son régime déclaratif.
Sénégal vs autres destinations africaines : quelques repères de comparaison
Comparé à d’autres destinations africaines fréquentées par les expatriés français, le Sénégal occupe une position intermédiaire — ni l’optimisation poussée de l’île Maurice, ni l’opacité de certains marchés émergents.
Quelques points de comparaison :
- Maurice : taux fixe de 15 % sur les revenus (flat tax), convention fiscale franco-mauricienne favorable, traitement avantageux des dividendes et plus-values. Reste la référence pour les patrimoines élevés. Voir la fiscalité à Maurice et investir à Maurice.
- Madagascar : système fiscalement peu exigeant en pratique pour les petits revenus, mais cadre juridique plus incertain. Voir la fiscalité Madagascar et l’article sur la retraite en Afrique en 2026.
- Sénégal : stabilité institutionnelle comparativement plus solide dans la région, infrastructure fiscale établie, convention bilatérale avec la France. Avantage pour un investisseur à horizon long.
Si vous hésitez entre l’Afrique et l’Europe, les comparaisons disponibles sur Afrique vs Europe ou sur où vivre avec 1 500 € par mois donnent un cadrage utile. Sur le plan européen, des pays comme la Bulgarie (flat tax 10 %) ou la Roumanie (10 % sur les revenus) offrent parfois un cadre fiscal plus lisible et un environnement juridique plus prévisible pour les non-résidents — à mettre en balance selon votre profil.
Vous avez maintenant les clés. La question est simple :
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En résumé : Sénégal ou France, qui reste compétent ?
✅ Le Sénégal peut être intéressant si :
- vous transférez réellement votre résidence fiscale, selon les critères français et sénégalais ;
- vous préparez votre expatriation en amont, avec les démarches déclaratives à jour ;
- vous connaissez et appliquez les règles de la convention fiscale franco-sénégalaise ;
- vos revenus principaux proviennent d’une pension privée ou d’une activité sans lien fiscal direct avec la France.
⚠️ La France peut rester compétente si :
- votre foyer familial reste en France ;
- vous percevez une pension publique (fonction publique, armée) ;
- votre centre d’intérêts économiques demeure français (patrimoine, activité principale) ;
- vous n’avez pas formellement déclaré votre changement de résidence fiscale.
Mini FAQ — Fiscalité Sénégal pour les Français
Un Français retraité au Sénégal paye-t-il des impôts en France ?
Cela dépend de la nature de la retraite. Les fonctionnaires et anciens agents de l’État restent imposables en France sur leur pension, même s’ils résident au Sénégal — c’est prévu par la convention de 1974. Pour les retraites du secteur privé, l’imposition bascule en principe vers l’État de résidence effective si le retraité est bien établi fiscalement au Sénégal.
Peut-on avoir une résidence fiscale au Sénégal sans y vivre toute l’année ?
Oui, à condition d’y passer plus de 183 jours par an ou d’y avoir son centre d’intérêts économiques principaux. Mais la France peut contester ce changement si vous conservez des attaches fiscales françaises fortes (foyer familial, patrimoine principal, activité professionnelle). Les deux critères s’analysent en parallèle.
Un étranger peut-il acheter un bien immobilier au Sénégal sans restriction ?
Les étrangers peuvent acquérir des biens immobiliers bâtis au Sénégal sans restriction liée à la nationalité. En revanche, les terres du domaine national ne peuvent pas être cédées en pleine propriété à des étrangers. Le titre foncier reste la seule garantie de propriété solide et juridiquement protégée.
Faut-il déclarer un compte bancaire sénégalais au fisc français ?
Oui, si vous êtes résident fiscal français. Tout compte ouvert à l’étranger doit être déclaré via le formulaire 3916 joint à votre déclaration de revenus. La sanction pour oubli commence à 1 500 € par compte non déclaré. Voir la notice officielle impots.gouv.fr.
La TVA au Sénégal est-elle récupérable pour une entreprise française ?
Non, pas via les circuits européens. Les mécanismes de remboursement de TVA intracommunautaires ne s’appliquent pas au Sénégal. Une entreprise française qui supporte de la TVA sénégalaise doit l’intégrer comme un coût dans son calcul de rentabilité.
Existe-t-il un impôt sur la fortune au Sénégal ?
Non. Le Sénégal n’applique pas d’équivalent à l’IFI français. C’est un point réel d’avantage pour les profils patrimoniaux importants — à condition d’avoir effectivement rompu la résidence fiscale française, car l’IFI s’applique aux résidents français sur leur patrimoine immobilier mondial.
Conclusion : la fiscalité sénégalaise est un atout — sous conditions
La fiscalité au Sénégal pour les Français présente des caractéristiques avantageuses par rapport au régime français sur plusieurs postes : absence d’IFI, revenus locatifs moins chargés, plus-values immobilières moins taxées pour les résidents. Mais ces avantages ne se matérialisent que pour ceux qui ont réellement rompu leur résidence fiscale française — ce qui reste la condition sine qua non.
La convention franco-sénégalaise encadre les cas de double imposition, mais elle ne couvre pas toutes les situations et laisse des zones grises, notamment pour les détenteurs de patrimoine mixte (biens en France et au Sénégal). Les obligations déclaratives françaises persistent tant que vous restez résident fiscal aux yeux de la DGFiP.
Avant de structurer un projet patrimonial autour du Sénégal, l’accompagnement d’un avocat fiscaliste ou d’un expert-comptable spécialisé en mobilité internationale est non négociable. Pour les textes de référence : la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) pour le droit fiscal sénégalais, Légifrance pour la convention bilatérale, et la notice DGFiP pour la partie française.
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Pour aller plus loin : vivre au Sénégal, investir au Sénégal, Dakar ou Saly, et le comparatif Afrique vs Europe pour affiner votre arbitrage.
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Cet article s’appuie principalement sur les sources officielles suivantes : DGFiP (administration fiscale française), le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal, la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), Légifrance (textes de loi et convention fiscale franco-sénégalaise) et l’APIX (Agence de Promotion des Investissements et des Grands Travaux du Sénégal) pour les informations relatives à l’investissement.
Avertissement juridique : cet article a une vocation strictement informative et ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement personnalisé. Les taux, seuils et dispositions mentionnés sont susceptibles d’évoluer au gré des lois de finances françaises et sénégalaises. Avant toute décision patrimoniale, fiscale ou d’expatriation, il est recommandé de consulter un avocat fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé en mobilité internationale.
Les règles fiscales évoluent régulièrement au gré des lois de finances françaises et sénégalaises. Pensez à vérifier les textes officiels avant toute décision patrimoniale ou fiscale.


5 responses to “Fiscalité Sénégal pour les Français : ce que vous payez vraiment”
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